Parcours dans les arcs
Bien qu'absent physiquement, l'aura d'Escanor plane sur le premier arc. Sur son affiche de recherche, il est représenté comme un vieil homme barbu, ce qui contraste avec la réalité de son pouvoir. Ban et Meliodas évoquent sa force comme étant potentiellement supérieure à celle du capitaine, installant un mystère durable. Les Sins ne parviennent pas à le localiser dans les premières caches connues, Merlin gardant son emplacement secret pour le moment opportun. Sa non-présence souligne la difficulté de réunir les Sins et prépare l'un des "reveals" les plus attendus de la série. Il reste une légende urbaine pour les Chevaliers Sacrés, un guerrier dont la puissance est indexée sur la course du soleil, mais dont personne n'a vu le visage depuis dix ans.
Durant la crise de Liones, Escanor est toujours en exil volontaire. Il tient une taverne isolée dans les montagnes, loin de l'agitation du royaume. Son absence lors de la bataille finale contre Hendrickson est regrettable pour les Sins, mais nécessaire pour préserver son secret. On comprendra plus tard qu'il redoute sa propre puissance et les dégâts collatéraux qu'il pourrait causer. Merlin, qui connaît sa localisation, juge que le moment n'est pas encore venu de solliciter le Lion de l'Orgueil. Son ombre plane sur les discussions stratégiques de Merlin, qui sait qu'il est son atout maître contre les forces démoniaques à venir. Cet arc maintient la tension dramatique autour de son personnage, faisant de lui l'arme secrète ultime de l'ordre.
Le réveil d'Escanor est l'un des moments les plus emblématiques. Présenté d'abord comme un tavernier chétif et poltron, il se transforme à l'aube en un colosse arrogant et surpuissant. Il humilie Galan de la Vérité, le forçant à fuir devant sa propre puissance, ce qui pétrifie le démon. Sa magie "Sunshine" dégage une chaleur comparable à celle d'un soleil miniature. Lors du festival de combat, son orgueil est tel qu'il refuse de se battre pour un prix dérisoire, mais il utilise l'occasion pour frapper les deux organisateurs (les Commandements Gloxinia et Drole) afin de libérer ses amis. Sa puissance est alors estimée comme dépassant tout ce qui a été vu jusqu'ici. Il réintègre les Sins non pas comme un subordonné, mais comme le sommet incontesté de la hiérarchie de puissance.
Dans cet arc, Escanor devient le sauveur de Britannia. Alors que tous les combattants sont paralysés par le commandement d'Estarossa, Escanor avance seul, déclarant qu'il ne peut ressentir de haine pour quelqu'un de si "inférieur". Le combat qui s'ensuit est d'une intensité biblique. À mesure que midi approche, sa puissance devient incommensurable. Il survit au "Full Counter" d'Estarossa et finit par le balayer d'une explosion de chaleur pure, vaporisant une partie de la mer au passage. Cet acte libère Liones et prouve qu'un humain peut vaincre l'élite du Clan des Démons. Son arrogance devient sa marque de fabrique, mais son dévouement envers Merlin reste sa seule faiblesse apparente. Il finit la bataille épuisé mais auréolé d'une gloire divine.
Escanor joue un rôle plus calme ici, servant de sentinelle pour le royaume pendant que King et Diane explorent le passé. Il commence à ressentir les effets secondaires de "Sunshine" sur son corps humain, crachant parfois du sang, signe que sa grâce divine consume sa force vitale. Sa relation avec Merlin s'approfondit par de petits gestes, bien qu'il sache qu'elle ne voit en lui qu'un sujet d'étude fascinant. Il discute avec Ludociel (dans le corps de Margaret), montrant une fierté égale à celle des Archanges. Son rôle est celui du protecteur ultime, prêt à intervenir si les souvenirs de la Guerre Sainte devaient déborder sur la réalité présente, tout en préparant son esprit pour le combat inévitable contre son propre capitaine.
C'est le combat le plus célèbre d'Escanor. Face à un Meliodas redevenu le chef sanguinaire des Dix Commandements, les Sins sont impuissants. Seul Escanor peut rivaliser. Il subit d'abord de lourds dégâts face à la matière noire de Meliodas. Cependant, lorsque midi sonne, il devient "The One" pendant une minute. Dans cet état, il est absolument invincible. D'un simple mouvement de main (Divine Sword Escanor), il transperce la défense de Meliodas et le neutralise. Ce duel laisse Escanor gravement blessé, son corps n'arrivant plus à supporter l'afflux d'énergie divine. Ce moment scelle son statut de "plus fort des Seven Deadly Sins", tout en soulignant la tragédie de sa condition : il est un humain portant le pouvoir d'un dieu qui le tue à petit feu.
Dans le prélude à la nouvelle guerre, Escanor montre sa véritable noblesse. Conscient que son corps lâche et que Mael est plus apte à utiliser Sunshine pour la victoire finale, il renonce à ce qui faisait sa force. Redevenu le frêle tavernier, il subit les moqueries de certains mais garde le respect éternel des Sins. Son courage est désormais purement humain. Il tente d'aider à la logistique et reste proche de Merlin, lui offrant des poèmes. C'est une phase de vulnérabilité où l'on voit l'homme derrière le monstre d'orgueil. Il se prépare au sacrifice ultime, demandant à Mael de lui prêter une dernière fois la grâce pour le combat final, sachant pertinemment que cela signifiera sa mort certaine.
Le retour d'Escanor sur le front est héroïque et tragique. Malgré les avertissements de Mael sur sa mort imminente, il embrase à nouveau son âme. Il se bat avec une fureur désespérée contre Zeldris, utilisant sa chaleur pour dissiper les ténèbres environnantes. Son importance est capitale pour percer les défenses de Camelot. Il ne se bat plus par orgueil, mais par pur amour pour ses camarades. Chaque coup porté réduit son espérance de vie de plusieurs années. Il devient le bouclier des Sins, encaissant des attaques qui auraient tué n'importe quel autre membre. Sa présence galvanise l'armée humaine, prouvant que même sans être un dieu, la volonté d'un homme peut briller plus fort que le soleil.
L'arc final est l'apothéose d'Escanor. Face au Roi des Démons, il active une forme interdite où il convertit sa propre force vitale en puissance magique pure. Il devient un être de feu liquide, capable de frapper le Roi des Démons avec une force égale, voire supérieure, à celle d'une divinité. Il protège ses amis jusqu'au bout, s'assurant que personne d'autre ne meure. Après la défaite de l'ennemi, son corps se consume totalement. Sa scène d'adieu avec Merlin est l'une des plus poignantes de l'œuvre : elle l'embrasse enfin, promettant de porter les cicatrices de ses brûlures comme preuve de son existence. Escanor meurt en héros absolu, ayant prouvé que l'orgueil, lorsqu'il est au service de l'amour, est la plus grande des vertus.
Bien que décédé, l'influence d'Escanor est omniprésente dans la conclusion. Les Sins lui rendent hommage et son nom est gravé dans l'histoire comme le plus puissant des humains. Merlin révèle que ses plans pour le Chaos étaient en partie motivés par le vide laissé par des êtres comme lui. Dans les visions du futur, on voit que son sacrifice a permis la naissance d'un monde où les humains ne sont plus les proies des autres clans. Sa statue et sa hache divine Rhitta restent des symboles de courage. Il n'est plus là pour voir le règne d'Arthur ou de Tristan, mais sa lumière continue de guider ses camarades. Il est le seul péché qui n'a pas pu voir la fin du voyage, ce qui rend la paix finale d'autant plus précieuse pour les survivants.