Parcours dans les arcs
Bien qu’absent physiquement, Obito est l’âme invisible de l’Équipe 7. C’est sa philosophie, "ceux qui abandonnent leurs amis sont pires que de la vermine", qui définit le nindō de Naruto dès cet arc. Kakashi, hanté par la perte de son ami, utilise ses paroles pour forger le caractère de ses élèves. On ignore encore qu’Obito a survécu et qu’il observe le monde avec cynisme. Son existence à ce stade est purement symbolique, représentant le sacrifice et la pureté perdue. Le spectateur ne voit en lui qu’un héros tragique, ignorant que l’homme caché derrière le masque de Tobi prépare déjà la destruction du système qu’il chérissait autrefois. Sa présence est ici métaphorique mais fondamentale pour la structure émotionnelle du récit.
Dans les coulisses de l’examen, Obito (sous l’identité de Tobi/Madara) affine ses plans. Il n’intervient pas directement pour ne pas attirer l’attention d’Itachi, qui surveille la sécurité de Sasuke. Obito considère l’agitation d’Orochimaru comme une distraction utile. Il analyse les progrès des jeunes ninjas de Konoha avec un détachement glacial. Pour lui, ces examens sont la preuve de l’hypocrisie du système shinobi qu’il souhaite anéantir par le Tsukuyomi Infini. Son rôle est celui d’un marionnettiste patient, attendant que les pièces de l’échiquier mondial se mettent en place avant de révéler sa véritable puissance.
La mort du Troisième Hokage est une étape clé pour Obito. En éliminant l’un des derniers piliers de l’ancienne ère, le monde plonge un peu plus dans l’instabilité qu’il affectionne. Obito utilise ce temps pour consolider son emprise sur Nagato et l’Akatsuki. Il reste le conseiller occulte, celui qui murmure à l’oreille des puissants déserteurs. Sa non-intervention est tactique : il préfère que les autres fassent le sale travail pendant qu’il préserve son identité secrète. On commence à percevoir que l’Akatsuki n’est pas qu’une bande de mercenaires, mais un outil au service d’une volonté bien plus sombre et ancienne.
Sous le masque, Obito prépare la transition de l’Akatsuki vers une phase offensive. Il surveille de près Itachi, dont il se méfie profondément. L’échec relatif de la capture de Naruto ne l’inquiète pas, car son objectif est avant tout d’évaluer la force de Jiraiya et la stabilité de Konoha sous son nouveau leader. Obito joue un jeu de patience millimétré. Il sait que le temps est de son côté et que la haine grandissante de Sasuke finira par servir ses intérêts. Il est le spectre qui valide les missions de rang S, restant le véritable moteur derrière chaque mouvement stratégique de l’organisation.
Le départ de Sasuke est une victoire pour Obito. Il comprend que les liens brisés sont le meilleur terreau pour la manipulation. Bien qu’il ne se montre pas, son influence sur l’histoire est palpable : c’est lui qui a indirectement provoqué le massacre des Uchiha, point de départ de la fuite de Sasuke. Obito se prépare à intégrer officiellement l’Akatsuki après la chute attendue de certains membres, afin de prendre un contrôle plus direct sur les opérations. Il voit en Sasuke l’outil parfait pour remplacer Itachi le moment venu, un jeune Uchiha dont le cœur est prêt à être corrompu par la promesse d’un monde sans douleur.
L’entrée de Tobi apporte une touche d’humour décalée à l’Akatsuki, mais c’est un masque de fer. Obito utilise cette personnalité enfantine pour observer ses collègues de l’intérieur sans éveiller de soupçons. Sa quête de la bague de Sasori montre l’importance de la hiérarchie au sein du groupe. Aux côtés de Deidara, il participe à la capture de Sanbi (le démon à trois queues), montrant une efficacité surprenante derrière sa maladresse feinte. Cette dualité entre l’idiot du village et le cerveau criminel est l’une de ses plus grandes forces tactiques, lui permettant de voyager et d’agir sans que personne ne soupçonne qu’il est le véritable chef de l’Akatsuki.
Dans cet arc, Obito renforce son duo avec Deidara, servant de cible aux moqueries de ce dernier. Cependant, ses interactions avec Zetsu révèlent sa véritable nature directive. Il n’éprouve aucune émotion face à la mort de Hidan et Kakuzu, les considérant comme des outils jetables. Son rôle principal est de s’assurer que le plan progresse selon le calendrier prévu. Il surveille les mouvements de Naruto et Shikamaru, notant leur dangerosité croissante. Tobi est ici la face visible d’un complot qui dépasse l’entendement des ninjas de Konoha, agissant comme un agent dormant au sein même de sa propre organisation pour mieux la contrôler.
C’est le moment où Obito change de ton. Face à Naruto et Kakashi, il démontre l’intangibilité de son Kamui, les ridiculisant sans effort. Après avoir soigné Sasuke, il retire son masque partiel pour lui raconter l’histoire secrète de Konoha. Sa narration est une œuvre de manipulation psychologique magistrale : il transforme Itachi en martyr et le village en bourreau. En s’appropriant le nom de Madara, il gagne une autorité absolue. Cet arc marque la fin du personnage de Tobi le rigolo au profit de l’antagoniste sombre et déterminé. Il réussit à retourner Sasuke contre Konoha, créant l’alliance "Taka" et lançant la phase finale de son plan mondial.
Obito agit ici en tant que souverain de l’ombre. La mort de Nagato est pour lui un imprévu qu’il gère avec froideur. Il ne s’intéresse pas aux pertes humaines, seulement à l’outil (le Rinnegan) qu’il a prêté à Nagato des années plus tôt. Sa rencontre avec Naruto après le combat contre Pain montre son arrogance : il explique au héros que le monde est voué à la haine. Obito se place au-dessus de la morale, justifiant ses actes par la nécessité de créer une utopie onirique. Il est le pivot qui assure la continuité de l’Akatsuki malgré la perte de son leader apparent, s’imposant désormais comme le seul et unique visage de la menace mondiale.
Cet arc est la consécration diplomatique d’Obito en tant qu’ennemi du monde. Son apparition au centre de la salle du conseil est un coup d’éclat. Il impose sa vision aux Kage, ne leur laissant d’autre choix que la guerre ou la soumission. Son combat contre les gardes du corps de Danzō montre sa maîtrise de l’espace-temps. Après avoir assassiné Konan pour récupérer les yeux de Nagato, il apparaît avec un nouveau masque et le Rinnegan, fusionnant les deux plus grands pouvoirs oculaires. Il n’est plus un homme, mais une entité de guerre. Sa déclaration d’hostilités unifie ses ennemis, mais il s’en moque, car il possède désormais l’armée de Zetsu et l’Edo Tensei de Kabuto.
La guerre est l’épreuve de vérité pour Obito. Pendant que le vrai Madara combat les Kage, Obito affronte Naruto, Bee, Kakashi et Gai. La révélation de son visage est un choc émotionnel majeur, surtout pour Kakashi. Obito tente de nier son humanité, affirmant n’être "personne". Sa transformation en Rikudō Obito le place au sommet de la hiérarchie de puissance. Cependant, Naruto parvient à percer sa défense non par la force, mais par l’empathie. Lors du retrait des Bijūs de son corps, Obito revoit ses souvenirs de Rin et réalise l’horreur de ses actes. Cet arc traite de sa déconstruction en tant que méchant et de son retour progressif vers sa conscience oubliée.
Dans l’arc final, Obito accomplit sa rédemption. Il n’est plus l’ennemi, mais le sauveur de l’ombre. Son sacrifice est l’acte final qui le réconcilie avec son passé. En s’interposant devant les os de Kaguya, il rend à Naruto la chance de sauver le monde. Même après sa mort physique, son esprit revient pour donner temporairement ses deux Sharingan à Kakashi, permettant l’invocation du Susanoo parfait. Ses derniers mots encouragent Naruto à devenir Hokage, bouclant la boucle de sa propre ambition déchue. Obito quitte le récit non plus comme le monstre Tobi, mais comme l’enfant qui voulait la paix, laissant derrière lui un monde qu’il a failli détruire mais qu’il a finalement aidé à sauver.