Parcours dans les arcs
À cette étape de l’histoire, Nagato, sous l’identité de Pain, n’est pas encore introduit. Cependant, son ombre plane métaphoriquement sur le monde ninja. En tant que leader de l’Akatsuki, il supervise déjà le recrutement des ninjas déserteurs de rang S comme Itachi ou Kisame. Son rôle est ici celui d’un architecte lointain. Le monde est encore centré sur des conflits mineurs de mercenaires, ignorant totalement qu’une entité possédant le Rinnegan planifie une restructuration totale de l’ordre mondial par la douleur. Son absence physique permet d’établir les bases du monde ninja avant que ses interventions ne viennent en briser les fondations.
Pendant que les genins s’affrontent, Pain consolide son emprise sur le village d’Ame. L’influence de Nagato commence à se faire sentir par le biais des défections au sein de l’organisation. Orochimaru quitte l’Akatsuki en partie par peur de la puissance oculaire de Pain et d’Itachi. C’est une phase de préparation stratégique. Pain n’est pas encore une menace active pour Konoha, car son calendrier prévoit d’abord la stabilisation interne de son groupe. Il représente le "boss final" conceptuel, une puissance si vaste qu’elle rend les ambitions d’Orochimaru presque dérisoires en comparaison de ses futurs projets de paix mondiale.
Nagato, via les corps de Pain, reste en retrait. Il considère Orochimaru comme un électron libre utile mais insignifiant. Cette période de chaos à Konoha sert les intérêts de Pain en testant les capacités de réaction des grandes nations. Il affine sa doctrine : la paix ne peut naître que de la terreur. L’invasion de Konoha est pour lui une étude de cas sur la fragilité des systèmes ninja actuels. Il continue d’accumuler des ressources et des informations sur le Kyūbi, sachant qu’il devra tôt ou tard frapper le village de la feuille pour accomplir sa mission prophétique.
Pain apparaît ici comme le donneur d’ordres suprême. Il communique avec ses subordonnés par projection astrale, imposant une autorité indiscutable. Sa voix et sa silhouette commencent à hanter l’esprit du spectateur. Il est le moteur de l’arc : sans ses ordres, l’affrontement entre Itachi et Jiraiya n’aurait jamais eu lieu. On comprend que Pain possède une vision à long terme et qu’il ne reculera devant rien pour obtenir les démons à queues. C’est le début d’une montée en puissance narrative où l’on réalise que la véritable menace ne vient pas d’Orochimaru, mais de cet homme aux yeux violets striés.
Dans l’ombre de la défection de Sasuke, Pain réaffirme son leadership. Il ne voit pas Sasuke comme une priorité, mais comme une variable intéressante. Sa priorité reste Naruto. Cet arc montre Pain comme un gestionnaire de crise, capable de maintenir l’unité d’un groupe de criminels égocentriques autour d’un but commun. Il installe une ambiance de fin de monde imminente. La capture des Bijūs commence à s’accélérer sous ses ordres, signalant que le temps de la paix précaire entre les nations touche à sa fin au profit de l’ère de l’Akatsuki.
C’est la première démonstration technique de Pain dans Shippuden. Il préside la cérémonie du Gedo Mazo, orchestrant l’extraction de l’esprit de Gaara. Sa présence, bien qu’immatérielle, impose le respect même aux membres les plus arrogants. Il coordonne les défenses contre les équipes de secours de Konoha, utilisant des clones de substitution. Cet arc souligne sa patience et sa détermination. On voit en lui un leader religieux et militaire, dont le but transcende la simple criminalité. Il est le pivot central de la tragédie qui frappe le village de Suna, prouvant que personne, pas même un Kage, n’est à l’abri de son influence.
Dans cet arc, Pain est un commandant en chef. Il analyse les échecs de ses troupes face à Konoha et décide qu’il est temps d’agir personnellement. On commence à entrevoir les Six Chemins de Pain et la technologie de transfert de chakra via les récepteurs noirs. Sa base au Pays de la Pluie est montrée comme un lieu de culte où il est considéré comme un dieu. La tension monte alors qu’il réalise que Jiraiya s’approche de la vérité. Pain prépare le terrain pour le choc idéologique majeur de la série, transformant l’Akatsuki d’une menace de guérilla en une force d’invasion globale.
C’est l’arc où le mystère de Pain est partiellement levé. On découvre les Six Chemins : Tendō, Shuradō, Ningendō, Chikushōdō, Gakidō et Jigokudō. Le combat est une démonstration de puissance divine. Pain n’éprouve aucun remords à tuer son maître, affirmant que ses sentiments humains sont morts depuis longtemps. Cependant, on sent une fissure dans sa certitude lorsque Jiraiya reconnaît ses anciens élèves. Cet arc établit Pain comme l’antagoniste le plus puissant vu à ce jour, capable de vaincre un Sannin légendaire sur son propre terrain. Sa victoire est totale mais entachée par l’incertitude du code laissé par Jiraiya sur le dos de Fukasaku.
Apogée du personnage. Pain dévaste Konoha pour "donner une leçon de douleur" au monde. Son combat contre Naruto est l’un des plus iconiques, mêlant stratégie complexe et puissance brute. Après la défaite de ses six corps, on découvre le vrai Nagato : un homme brisé par la guerre, caché dans une structure mécanique. Le dialogue final est le cœur de l’œuvre. Nagato explique son passé avec Yahiko et Konan. Touché par la sincérité de Naruto qui choisit de ne pas le tuer malgré sa haine, Nagato retrouve sa foi originelle. Il utilise le Gedo Rinne Tensei pour ramener tout le monde à la vie, se sacrifiant pour racheter ses fautes. Il meurt en héros tragique, voyant en Naruto le véritable enfant de la prophétie.
Bien que disparu, Nagato hante les discussions. Son sacrifice a laissé un vide au Pays de la Pluie, que Tobi s’empresse de combler. On apprend que Nagato n’était qu’un pion dans un jeu bien plus vaste. Pour Naruto, le souvenir de Nagato est une source de motivation pour trouver une solution pacifique au conflit avec Sasuke. L’image de Pain est utilisée par Tobi pour intimider les nations, rappelant la destruction de Konoha comme preuve de la puissance de l’Akatsuki. Nagato devient le symbole de la manipulation des idéaux par les puissants de l’ombre, renforçant la détermination de l’alliance à protéger les Jinchūrikis restants.
La résurrection de Nagato montre ce qu’il aurait pu être s’il n’avait pas été paralysé. Il déploie un arsenal de techniques du Rinnegan (absorptions, invocations, lasers) avec une fluidité terrifiante, dominant Naruto et Bee. Seule l’intervention stratégique d’Itachi permet de le neutraliser. Durant ce bref retour, Nagato agit de nouveau comme un mentor, prodiguant des conseils à Naruto sur la façon de gérer la célébrité et le pouvoir. Son scellement est paisible ; il accepte son sort avec dignité, heureux de voir que Naruto n’a pas dévié de son chemin. Ce combat sert à réaffirmer la puissance du Rinnegan avant que Madara ne s’en empare, tout en clôturant définitivement l’histoire de l’homme qui voulut être un dieu.
Nagato n’apparaît pas physiquement lors du combat final, mais sa philosophie imprègne la conclusion. Lorsque Naruto et Sasuke discutent de la définition du Hokage, les paroles de Nagato sur la souffrance et la justice résonnent. La fin de la guerre est l’accomplissement du rêve que Nagato, Yahiko et Konan avaient pour le Pays de la Pluie et le reste du monde. En sauvant le monde, Naruto valide le sacrifice de Nagato. Ce dernier termine l’œuvre comme l’une des influences les plus positives sur le héros, prouvant que même un ennemi peut devenir une source de lumière si on prend le temps de comprendre sa douleur.