Parcours dans les arcs
Dans l'arc du Guerrier Noir, Griffith n'est plus un homme mais une entité métaphysique. Son apparition en tant que Femto, membre des God Hand, établit immédiatement le cadre surnaturel de l'œuvre. Il incarne le mal absolu, dépourvu de remords ou d'émotions humaines. Sa présence est marquée par une aura de terreur et de majesté sombre. Le récit utilise des flashbacks et les réactions viscérales de Guts pour instaurer le mystère autour de sa trahison. Il est le moteur silencieux de la rage de Guts. Lorsqu'il apparaît dans la dimension des God Hand, il traite Guts avec un mépris total, comme une simple existence insignifiante. Cette version de Griffith est le résultat final du sacrifice de l'Âge d'Or. Il représente l'ambition poussée à son paroxysme, ayant transcendé l'humanité pour atteindre son "rêve" au prix de milliers de vies. Son design, évoquant un faucon noir organique, contraste avec l'armure blanche lumineuse qu'il portait autrefois. Bien que son temps d'antenne soit limité, chaque seconde de sa présence redéfinit les enjeux du manga, transformant une simple histoire de vengeance en une lutte contre le destin.
L'Âge d'Or est l'ascension et la chute de Griffith l'humain. Personnage complexe, il est perçu comme un sauveur par ses hommes et un manipulateur par ses ennemis. Son obsession pour son château est telle qu'il est prêt à tout, y compris vendre son corps ou ordonner des assassinats. Sa relation avec Guts est son unique "faille" émotionnelle. Lorsqu'il perd Guts lors d'un duel, son sang-froid s'évapore, le menant à une erreur fatale avec la princesse Charlotte. L'année de torture qui suit le brise physiquement : tendons coupés, langue arrachée, visage mutilé. Réduit à l'état de cadavre vivant, il ne lui reste que le Béhérit Rouge. Lors de l'Éclipse, il fait le choix conscient de sacrifier ses compagnons, les seules personnes qui l'aimaient, pour redevenir "entier" et divin. En tant que Femto, il commet l'irréparable en violant Casca sous les yeux de Guts, scellant leur haine éternelle. Cet arc explore la psychologie d'un homme qui se croit élu par le destin et dont l'ego ne peut supporter la perte de contrôle. Griffith est ici à la fois le héros d'une épopée médiévale et le monstre d'un cauchemar cosmogonique.
Pendant l'Ère des Châtiments, Griffith agit principalement depuis le plan astral jusqu'au climax. Sa réincarnation est le point culminant de l'arc, nécessitant un sacrifice de masse orchestré par la causalité. Sous sa nouvelle forme, il possède une beauté surnaturelle qui fascine quiconque le regarde. Il sauve Casca des flammes d'Albion, un acte aux motivations ambiguës. Son détachement est total ; il ne semble plus ressentir de haine ni d'amour, bien que le cœur de l'enfant en lui réagisse parfois à la présence de ses parents. Le retour de Griffith marque la fin de l'ère du Guerrier Noir solitaire et le début d'une ère où le divin marche parmi les hommes. Il commence immédiatement à rassembler de nouveaux alliés, humains et apôtres, pour former sa nouvelle Troupe du Faucon. Sa puissance est désormais absolue, capable de manipuler les lois de la physique et de la probabilité. Il se présente comme le "Faucon de Lumière", un messie attendu par un peuple en souffrance, dissimulant sa nature démoniaque derrière une façade de pureté et de justice.
Dans cet arc, Griffith joue le rôle du souverain idéal. Il unifie la noblesse et le peuple derrière sa bannière. Sa nouvelle armée est une prouesse de diversité, mélangeant des chevaliers humains et des monstres (Apôtres) qui lui jurent une obéissance absolue. Il affronte l'empereur Ganishka, un Apôtre rebelle, dans un conflit qui dépasse l'entendement humain. Griffith utilise la puissance de Ganishka pour déclencher la "Transformation du Monde", fusionnant le monde astral et le monde physique. Cet acte permet l'apparition de Falconia, une cité magnifique offrant sécurité et confort dans un monde devenu cauchemardesque. Griffith est désormais le sauveur incontesté de l'humanité, bien que son pouvoir repose sur une base démoniaque. Sa manipulation de la propagande et de la religion fait de lui une figure intouchable. Il est le maître du destin, celui qui a réussi là où tous les rois ont échoué. Pourtant, derrière l'utopie, la réalité des God Hand demeure. Son génie stratégique est ici remplacé par une omnipotence sereine, faisant de lui un antagoniste d'autant plus dangereux qu'il est aimé par ceux qu'il a autrefois sacrifiés.
Dans l'arc Fantasia, Griffith consolide son empire. Il gère Falconia avec une efficacité divine, intégrant les réfugiés et stabilisant l'économie. Cependant, sa double nature est révélée lors des nuits de pleine lune, où il reprend la forme du "Moonlight Boy". C'est sous cette apparence qu'il infiltre Elfhelm. Une fois sa forme humaine reprise au matin, il agit avec une froideur chirurgicale. Il ne vient pas pour combattre, mais pour récupérer ce qu'il estime lui appartenir : Casca. Son apparition à Elfhelm provoque l'effondrement du royaume astral des sorcières, car sa seule présence en tant que membre des God Hand brise les protections de l'île. En emmenant Casca à Falconia, il frappe Guts au cœur de son espérance. Griffith montre ici qu'il n'a rien oublié de son passé, mais qu'il le traite désormais comme une simple formalité à régler. Sa capacité à voyager instantanément et sa quasi-invulnérabilité font de lui une menace omniprésente. Il n'est plus seulement un roi, il est le centre de la nouvelle réalité mondiale, manipulant les sentiments et les souvenirs pour servir son dessein final.
L'arc de l'Exil montre un Griffith au sommet de sa puissance politique et spirituelle. Il traite Casca avec une sorte de courtoisie étrange, l'installant dans son palais, mais la gardant sous une surveillance constante par Sonia. Il semble vouloir observer les réactions de son ancien commandant, ou peut-être est-il toujours influencé par les restes de l'enfant en lui. Son autorité à Falconia est absolue, et il commence à projeter sa puissance au-delà des frontières connues. Il est le centre de gravité du monde, attirant à lui toutes les forces restantes. Sa stratégie consiste désormais à éliminer toute opposition potentielle, comme les restes de l'armée kushan, tout en maintenant l'illusion d'une paix éternelle. Griffith est devenu une idée autant qu'un homme : l'idée que l'ordre ne peut venir que d'une main de fer gantée de velours divin. Son silence et son calme constant le rendent plus terrifiant que n'importe quel cri de rage, car il semble avoir déjà gagné la partie contre la causalité.