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Prochain niveau: 2 EXP

Akira

アキラ


Catégories : Science-Fiction
Date de sortie : 2004 - 2004
Nombre d'albums : 1 (enregistrés)
Evolution : Série terminée
Public :  Adulte
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Résumé de la série Akira


En 2019, trente et un ans après qu'une explosion nucléaire mystérieuse a dévasté Tokyo, la mégalopole renaissante de Néo-Tokyo est une cité en proie au chaos, entre corruption politique, fanatisme religieux et guerres de gangs. Kaneda est le leader insouciant d'une bande de jeunes motards délinquants. Lors d'une course-poursuite sur l'autoroute, son ami d'enfance, le fragile Tetsuo, manque d'écraser un étrange enfant au visage de vieillard et se retrouve capturé par l'armée.


Sous la direction du Colonel Shikishima, Tetsuo subit des expériences scientifiques visant à éveiller des capacités psychiques latentes. Très vite, les pouvoirs de Tetsuo s'accroissent de manière incontrôlable, le plongeant dans une folie meurtrière alimentée par un complexe d'infériorité de longue date envers Kaneda. Dans son délire, Tetsuo entend l'appel d'Akira, un être mystérieux dont la puissance est responsable de la destruction du vieux Tokyo et qui repose, cryogénisé, dans un bunker secret sous le stade olympique.


Kaneda, de son côté, rejoint un groupe de résistants mené par la jeune Kei pour tenter de sauver son ami, avant de réaliser que Tetsuo est devenu une menace pour l'humanité entière. La ville devient alors le théâtre d'un affrontement titanesque entre l'armée, les forces de résistance et les "esper" (enfants aux pouvoirs psychiques). Tous convergent vers le lieu de repos d'Akira, dont le réveil imminent promet soit la renaissance du monde, soit son annihilation totale.


Le récit suit l'escalade tragique de la puissance de Tetsuo, dont le corps finit par muter de façon grotesque, incapable de contenir l'énergie pure qu'il a libérée. Tandis que Néo-Tokyo s'effondre une seconde fois, Kaneda tente un ultime face-à-face pour mettre fin au cauchemar. La quête de puissance et les secrets d'État éclatent alors au grand jour, révélant que l'entité nommée Akira est le catalyseur d'une évolution métaphysique dépassant totalement la compréhension humaine.


Akira : La Genèse du Chaos et l'Ontologie de la Destruction



Neo-Tokyo : L'Architecture comme Destin et comme Prison


Le premier protagoniste d’Akira n’est pas un humain, mais une ville : Neo-Tokyo. Érigée sur les ruines de l’ancienne cité dévastée par une explosion mystérieuse en 1982, elle est le symbole d’une humanité qui refuse de tirer les leçons de son passé. Ōtomo dessine une métropole tentaculaire, à la fois futuriste et décrépite, où le luxe des gratte-ciel cache la pourriture des bas-fonds.


Cette verticalité urbaine est une métaphore de la structure sociale : au sommet, des politiciens corrompus et des scientifiques démiurges ; à la base, une jeunesse désabusée qui ne trouve de sens que dans la vitesse et la violence des gangs de motards. La ville est en état de siège permanent, secouée par des révoltes populaires et des attentats terroristes. En choisissant 2019 comme cadre (pour un manga débuté en 1982), Ōtomo a prophétisé une ère de saturation informationnelle et de fatigue démocratique. Neo-Tokyo est un organisme vivant, une cocotte-minute sur le point d’exploser, attendant simplement l’étincelle qui viendra de l’intérieur.



La Mutation comme Langage du Sacré et de l'Horreur


Au cœur du récit se trouve la question de l’évolution. Akira explore le concept de « l’énergie psychique » non pas comme un super-pouvoir de bande dessinée, mais comme une force cosmologique que le corps humain n’est pas prêt à contenir. La mutation de Tetsuo est une horreur organique : sa chair se boursoufle, fusionne avec la technologie, s'étend jusqu'à l'absurde. C'est la fin de l'anthropocentrisme.


Ōtomo utilise la déformation des corps pour illustrer la rupture du contrat entre l’homme et sa propre nature. L’évolution n’est pas ici une progression lente et harmonieuse, mais une explosion violente et incontrôlable. Le projet Akira représente la tentative désespérée de la science de quantifier le divin. En essayant de maîtriser cette énergie, les militaires et les chercheurs ne font que hâter leur propre obsolescence. La mutation est un langage que la raison ne peut lire, une force qui réduit les structures de béton et les hiérarchies sociales en poussière.



La Géopolitique du Post-Apocalyptique et l'Héritage Nucléaire


Contrairement au film de 1988 qui se concentre sur le duel entre Kaneda et Tetsuo, le manga original développe une fresque géopolitique d’une densité rare. Après la seconde destruction de Tokyo au milieu de l’œuvre, le récit bascule dans une survie médiévale au milieu des décombres. Le monde extérieur (les États-Unis, les autres puissances mondiales) intervient, non pas pour aider, mais pour contenir la « menace » que représente Neo-Tokyo et ses enfants mutants.


On y voit une réflexion acerbe sur l’ingérence internationale et la peur de l’inconnu. Les « Grandes Puissances » observent Neo-Tokyo comme un laboratoire à ciel ouvert, prêtes à raser la ville une seconde fois pour éviter que l’énergie d’Akira ne se propage. Ōtomo traite ici des traumatismes profonds du Japon : la peur du nucléaire, bien sûr, mais aussi la gestion de la souveraineté nationale face à des forces qui dépassent les frontières. Neo-Tokyo devient le centre d’un échiquier mondial où chaque mouvement peut déclencher l’apocalypse finale.



Le Gang de Motards : La Rébellion Mécanique


Pour Kaneda et ses compagnons, la moto n'est pas qu'un moyen de transport, c'est une prothèse d'identité. Dans un monde où ils sont invisibles pour l'État, le bruit de leurs moteurs est leur seule voix. Cette culture de la "Bōsōzoku" (les bandes de motards japonaises) est filmée par Ōtomo avec une précision maniaque. La mécanique est le seul langage honnête dans un monde de mensonges politiques.


L'obsession de Tetsuo pour la moto de Kaneda est le moteur psychologique de la première moitié du récit. Elle symbolise le pouvoir et le respect que Tetsuo n'a jamais eus. Lorsque Tetsuo acquiert ses pouvoirs, il délaisse la machine pour devenir lui-même une machine biologique, mais sa frustration initiale reste ancrée dans ce désir de dépasser son "frère" aîné sur le bitume. C'est cette dynamique de fraternité toxique qui donne à Akira son humanité brute au milieu des explosions mégalomanes.



La Stagnation et la Corruption du Pouvoir


Le conseil des ministres de Neo-Tokyo est dépeint comme une collection de vieillards impuissants, obsédés par leur propre survie politique alors que la ville brûle. Ōtomo critique ici violemment la gérontocratie japonaise et l'inertie bureaucratique. Face à eux, le Colonel Shikishima tente de maintenir un ordre militaire qui semble de plus en plus dérisoire.


Cette tension entre le vieux monde qui s'accroche et le nouveau monde (les mutants, les révolutionnaires) qui émerge est le moteur de la tragédie. La science, représentée par le Docteur, est tout aussi coupable : elle a poursuivi la connaissance sans conscience, réveillant une puissance qu'elle ne comprend pas. Dans Akira, le savoir ne libère pas ; il asservit ou il détruit.



La Mémoire de la Chair et les Fantômes de l'Histoire


Un thème sous-jacent et crucial d’Akira est la mémoire, ou plutôt l’oubli. Les personnages évoluent dans une ville qui a effacé son histoire pour se reconstruire, mais les fantômes du passé (Akira et les autres enfants cobayes) sont littéralement enterrés sous les fondations du stade olympique. Cette image est d’une puissance symbolique absolue : le futur du Japon est bâti sur ses péchés cachés.


Les trois enfants mutants (Kyoko, Masaru et Takashi), avec leurs visages de vieillards dans des corps de nains, sont les témoins éternels de cette mémoire bafouée. Ils représentent l’innocence sacrifiée sur l’autel de la puissance nationale. Leurs capacités ne sont pas des dons, mais les cicatrices d’une torture institutionnalisée. Le manga montre que tant que Neo-Tokyo n’aura pas affronté la vérité de ce qu’elle a fait à ces enfants, elle sera condamnée à revivre son propre anéantissement. La sénescence de leurs traits rappelle que le progrès technologique à marche forcée a un prix biologique et spirituel insoutenable.



L'Énergie Absolue : Entre Nihilisme et Renaissance


Qu’est-ce qu’Akira ? Ce n’est pas seulement un enfant, c’est un point de singularité. C’est l’instant zéro de l’univers, une force créatrice qui est indissociable de sa capacité de destruction. Le manga pose une question métaphysique : peut-on accéder à un niveau de conscience supérieur sans détruire le monde matériel ?


Le personnage d’Akira lui-même est presque muet, une absence au centre du récit. Il est le vide bouddhique, le miroir des désirs et des peurs de ceux qui l’entourent. Pour Tetsuo, Akira est un rival ; pour le Colonel, c’est une menace ; pour les sectes religieuses, c’est un Messie. Cette multiplicité d’interprétations souligne l’impuissance humaine face à l’absolu. La fin du manga suggère que l’humanité doit accepter sa propre finitude pour laisser place à quelque chose de nouveau, une forme de vie qui n’a plus besoin de la béquille de la technologie ou de l’oppression sociale. L'énergie n'est ni bonne ni mauvaise ; elle est simplement le flux de l'univers que l'homme tente vainement de mettre en cage.



Une Humanité en Fusion : Étude des Protagonistes


Au cœur de ce maelström, les personnages fournissent une ancre émotionnelle essentielle pour ne pas perdre pied dans l'abstraction. Kaneda est l’anti-héros par excellence : un délinquant juvénile dont la seule boussole est sa loyauté envers ses amis. Il représente l’énergie brute et indomptable de la jeunesse, celle qui refuse d’être récupérée par le système. Sa némésis, Tetsuo, est l’incarnation de la revanche des opprimés. Petit protégé de Kaneda, complexé par sa faiblesse, il trouve dans ses pouvoirs psychiques un exutoire à sa haine accumulée. Sa transformation est tragique car plus il devient puissant, plus il perd ce qui le rendait humain, finissant par devenir une masse de chair informe qui dévore tout sur son passage — une métaphore de la puissance sans contrôle qui finit par consumer son porteur.


Autour d’eux, Kei apporte une dimension politique et spirituelle ; elle n'est pas une simple "fille de l'histoire", mais le vecteur d'une résistance consciente et l'interface humaine pour les pouvoirs des médiums. Le Colonel Shikishima, souvent perçu à tort comme un antagoniste classique, est en réalité un patriote tragique, seul homme d’ordre dans un gouvernement en décomposition, prêt à commettre des crimes pour empêcher le retour du démon qu’il a contribué à créer. C'est ce tissu de relations humaines, entre amitié brisée, remords scientifique et responsabilité militaire, qui empêche Akira de n'être qu'un simple traité sur l'apocalypse.



L'Esthétique de la Ruine : Le Trait d'Ōtomo


On ne peut comprendre l'impact d’Akira sans analyser la précision chirurgicale du dessin d’Ōtomo. Chaque débris, chaque tuyauterie, chaque explosion est rendue avec un souci du détail qui confine à l'obsession. Il a introduit une forme de réalisme physique dans le manga qui n'existait pas auparavant. Les bâtiments ne s'effondrent pas simplement ; ils se désintègrent selon les lois de la physique.


Cette minutie sert un propos : montrer la fragilité de nos constructions face à des forces primitives. L'opposition entre la netteté des machines et l'aspect visqueux, incontrôlé des mutations de Tetsuo crée un malaise visuel permanent. C'est une danse entre l'ordre géométrique et le chaos biologique, où le second finit toujours par l'emporter sur le premier.



L'Éveil de l'Homme Nouveau


Akira se termine non pas sur une victoire, mais sur un commencement. Neo-Tokyo est rayée de la carte, mais une nouvelle société émerge des décombres, une société qui appartient enfin à ceux qui ont survécu. Katsuhiro Ōtomo a créé une œuvre qui a transcendé le médium pour devenir un jalon de l’histoire de l’art contemporain.


Le manga nous rappelle que chaque civilisation porte en elle les germes de sa propre destruction, mais que dans les cendres du vieux monde, il y a toujours la possibilité d’un nouvel éveil. Akira n'est pas la fin, c'est le signal d'une mutation nécessaire. Nous sommes tous des enfants de Neo-Tokyo, vivant dans l'ombre d'une puissance que nous commençons à peine à entrevoir.


Dernières critiques


Liste des albums de la série Akira

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FAQ de la série


Quel est l'auteur du manga Akira ?

Il s'agit de Katsuhiro Otomo. Vous pouvez voir sa biographie et découvrir ses autres oeuvres sur cette page.

Quel est l'illustrateur du manga Akira ?

Katsuhiro Otomo illustre les oeuvres de la série. Vous pouvez voir sa biographie et découvrir ses autres oeuvres sur cette page.

Quel âge à Katsuhiro Otomo auteur de Akira ?

Katsuhiro Otomo a maintenant 71 ans. Dans 66 jours, c'est son anniversaire !!

Quelle est l'année de naissance de Katsuhiro Otomo auteur de Akira ?

Katsuhiro Otomo est né le 14 April 1954

Combien d'épisodes dans la série Akira ?

Nous avons recensés 1 tome actuellement sortis pour cette série.

Quel est le dernier tome sorti de la série Akira ?

Akira T2 est sorti le 25 September 2004. Vous pouvez retrouver sa critique ici !

Quel est le genre / style du manga Akira ?

La série est classée dans la catégorie seinen.

Quel âge pour lire la série Akira ?

Cette série est pour un public à partir de 16 ans. Pour vérifier que c'est bien adapté, découvrez le résumé et les critiques sur cette page. Ou demandez l'avis de la communauté.

Shotaro Kaneda
Tetsuo Shima
Colonel Shikishima
Kei
Akira
Ryu
Personnages de la série
Yamagata

Tetsuo ! C'est fini, rentre à la maison !

Dans l'album, Akira , par Kaneda et Leader du gang des Capsules . > Toutes les citations de la série
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