Parcours dans les arcs
Alphonse est introduit comme le contraste frappant d'Edward : une voix douce et enfantine émanant d'une carcasse d'acier intimidante. Dans cet arc, sa nature de "victime" de la transmutation humaine est centrale. Il ne dort pas, ne mange pas et ne ressent rien physiquement, ce qui crée une mélancolie constante sous sa gentillesse. Lors de l'incident de Reole, il agit comme la force de frappe, mais c'est sa réaction face à la tragédie de Nina Tucker qui définit son caractère. Contrairement à Edward qui s'emporte, Alphonse absorbe la tristesse de manière introspective. Sa confrontation avec Scar est un moment de vulnérabilité extrême ; bien que son corps d'acier soit résistant, le sceau de sang qui lie son âme à l'armure est son point faible absolu. S'il est effacé, il meurt. Cette menace constante pèse sur chaque combat. Alphonse joue souvent le rôle de médiateur, calmant les ardeurs d'Edward. Son importance dans l'arc réside dans sa quête d'identité : est-il toujours humain ? Les doutes commencent à germer, alimentés par les paroles de ses adversaires. Malgré cela, sa loyauté envers son frère est indéfectible. Il accepte son sort avec une patience héroïque, se concentrant sur le bien-être d'Edward avant le sien.
C'est l'arc de la crise existentielle pour Alphonse. Son duel avec Barry le Boucher n'est pas seulement physique, il est psychologique. Barry, qui est également une âme scellée dans une armure, suggère cruellement à Alphonse que ses souvenirs d'enfance pourraient être des fabrications créées par Edward pour lui donner une personnalité. Cette manipulation mentale plonge Alphonse dans une paranoïa déchirante. Pour la première fois, il doute de son frère et de sa propre existence. Cette tension culmine après l'explosion du laboratoire, lorsqu'Alphonse confronte Edward à Central. C'est Winry qui devra intervenir pour lui faire entendre raison. Cet arc est vital car il humanise l'armure ; on oublie le métal pour ne voir que la détresse d'un enfant. Alphonse réalise que même sans corps, ses sentiments et ses liens avec les autres sont réels. Sa résolution à la fin de l'arc est plus forte : il veut retrouver son corps non seulement pour lui-même, mais pour valider son existence auprès des siens. Sur le plan de l'action, il montre une maîtrise croissante de son corps imposant, l'utilisant comme un bouclier pour protéger les innocents lors du chaos au laboratoire.
À Dublith, Alphonse explore son passé refoulé. Grâce à un choc émotionnel, il commence à recouvrer les souvenirs de ce qu'il a vu derrière la Porte de la Vérité, ce qui est une avancée majeure pour leur quête. Son enlèvement par Greed le place au centre de l'intrigue. Alphonse montre ici une grande empathie, même envers ses ravisseurs qui sont des parias de la société. La présence de Martel à l'intérieur de sa cavité thoracique crée une dynamique unique : Alphonse protège activement une ennemie devenue amie. La mort tragique de Martel, exécutée par King Bradley à l'intérieur même de l'armure d'Alphonse, est un traumatisme majeur. Le sang de la chimère souillant son sceau d'âme symbolise la violence qui s'immisce dans son sanctuaire intérieur. Cet événement déclenche un flux de souvenirs encore plus intense. Alphonse réalise que son corps est toujours vivant quelque part derrière la Porte, ce qui transforme son espoir passif en une détermination active. Sous la tutelle d'Izumi, il affine également sa compréhension alchimique. Il n'est plus seulement le "frère du Fullmetal", il devient un alchimiste capable de rivaliser avec les meilleurs, tout en conservant une pureté d'âme qui contraste avec la noirceur du monde qui l'entoure.
Dans cet arc plus léger, Alphonse brille par sa curiosité intellectuelle et sa douceur. Sa rencontre avec May Chang et son petit panda, Shao May, est un moment de légèreté bienvenu. Alphonse est l'un des rares personnages à ne pas être effrayé par le côté étrange de l'Alkahestrie ; au contraire, il y voit une opportunité. Sa capacité à comprendre les concepts complexes de May montre qu'il est peut-être plus ouvert d'esprit qu'Edward sur certains plans scientifiques. Alphonse joue également un rôle de soutien émotionnel pour Winry alors qu'elle s'immerge dans le travail des automails. Sa présence physique imposante est utilisée pour des ressorts comiques (lorsqu'il transporte tout le monde) mais aussi pour stabiliser les situations tendues. Bien qu'il n'y ait pas de grands combats pour lui dans cet arc, son développement passe par son interaction avec les nouveaux venus de Xing. Il commence à envisager un futur au-delà d'Amestris. C'est aussi ici qu'on remarque que l'armure d'Alphonse commence à montrer des signes de rejet de son âme (absences temporaires), introduisant un sentiment d'urgence pour la suite de leurs aventures.
Alphonse prend une autonomie croissante dans cet arc. En s'associant avec May Chang, il explore une voie différente de celle d'Edward. Leur collaboration sur les textes de recherche de son père et du Dr Marcoh est essentielle pour décrypter le plan du Père. Cependant, Alphonse vit un calvaire interne : il subit des épisodes de "sommeil" où son âme est brièvement tirée vers son corps d'origine situé devant la Porte. Ces moments sont terrifiants car ils signalent que son temps dans le monde physique est compté. Plutôt que de paniquer, Alphonse utilise cette peur pour se motiver. Il joue un rôle crucial dans la transmission d'informations entre le groupe de Mustang et Edward. Sa maturité est exemplaire lorsqu'il rencontre son père, Van Hohenheim ; contrairement à Edward, Alphonse cherche à comprendre les raisons de son départ plutôt que de céder à la colère. Il agit comme le pont émotionnel nécessaire pour réunir la famille. Son importance stratégique grandit alors qu'il aide à coordonner les mouvements des alliés dans l'ombre de Central. Alphonse n'est plus seulement un suiveur, il est un initiateur de solutions, prêt à explorer les aspects les plus ésotériques de la science pour sauver le pays.
L'arc de Briggs met Alphonse à l'épreuve de la séparation. Après avoir aidé les soldats d'Olivier Armstrong à sceller Sloth, il se retrouve utilisé comme otage par l'armée pour faire pression sur Edward. Sa résilience est mise en avant : il accepte de jouer le jeu pour protéger Winry, tout en cherchant activement une faille. Sa fuite à travers le blizzard avec Winry et les chimères est un moment fort de bravoure. Les crises de déconnexion d'Alphonse deviennent un handicap majeur, mais elles lui permettent aussi de voir son véritable corps, de plus en plus émacié, de l'autre côté. Cette vision renforce son désir de retour, non par narcissisme, mais pour pouvoir enfin "ressentir" le monde à nouveau. En rejoignant May Chang dans les grottes, il devient un protecteur pour elle, tout en apprenant les derniers secrets de l'Alkahestrie qui seront vitaux pour le final. Alphonse fait preuve d'une abnégation totale, acceptant que son existence soit précaire tant que le plan du Père peut être arrêté. Son lien avec May évolue vers une affection profonde, montrant que même une armure vide peut inspirer l'amour et la dévotion.
Alphonse Elric est le héros sacrifié de cet arc final. Son combat contre Pride et Kimblee, où il utilise une Pierre Philosophale avec une noblesse d'âme exceptionnelle, montre toute l'étendue de sa puissance. Contrairement à d'autres, il refuse de laisser la Pierre corrompre son esprit, l'utilisant uniquement pour protéger ses amis. Le moment où il demande à May Chang de l'aider à effectuer la transmutation inverse est le point culminant de son altruisme. En sacrifiant son âme pour rendre son bras à Edward, il parie tout sur son frère. Ce geste est la preuve ultime de leur lien indéfectible. Une fois la bataille gagnée et Edward venant le chercher devant la Porte, Alphonse revient enfin dans le monde des humains, faible et affamé, mais complet. Son épilogue est empreint d'espoir : il ne reste pas à Central, mais part pour Xing afin d'apprendre l'Alkahestrie, souhaitant utiliser cette science pour aider ceux qui souffrent, comme lui a été aidé. Alphonse termine son voyage non plus comme une ombre de son frère, mais comme un homme à part entière, dont la force d'âme a littéralement sauvé le monde.