Mamoru Miyazono incarne l’antagonisme humain de bas étage. Dans l’arc de Ryoko Tamiya, il sert à illustrer le décalage de puissance entre un humain normal et Shinichi. En essayant de défendre "l’honneur" de son gang ou de protéger Kana, il provoque Shinichi. Cependant, il réalise rapidement que le lycéen chétif a changé. Mamoru est le premier à subir les réflexes surhumains de Shinichi. Bien qu’il soit une brute, sa loyauté envers Kana est réelle, ce qui lui donne une certaine épaisseur. Il représente la structure sociale des délinquants qui se retrouvent totalement dépassés par l’irruption des parasites dans leur quotidien. Ses interventions sont souvent musclées mais se terminent par une humiliation, soulignant que dans le nouveau monde de Shinichi, les conflits de territoire entre lycéens sont devenus dérisoires. Il apporte une dose de réalisme urbain au récit, montrant que même les "durs" de la rue ne sont rien face à la menace biologique qui plane sur la ville.
Après le décès de Kana, le personnage de Mamoru s’adoucit. Il est présent lors des funérailles, portant le poids d’une perte qu’il ne peut expliquer. Il comprend que Kana était obsédée par quelque chose de bien plus grand que lui. Mamoru sert ici à montrer l’impact du deuil sur la communauté locale. Son hostilité envers Shinichi disparaît, remplacée par une incompréhension totale de ce qui se passe réellement en ville. Il finit par s’effacer du récit, symbolisant ces humains ordinaires qui ont touché du doigt l’horreur parasitaire et qui en sortent marqués, préférant retourner à une vie plus simple loin des secrets de Shinichi. Sa trajectoire montre comment la tragédie peut forcer la maturité, même chez les individus les plus turbulents. Il reste une figure secondaire mais nécessaire pour ancrer la perte de Kana dans une réalité sociale concrète, au-delà de la seule perspective de Shinichi.