Parcours dans les arcs
Cet arc pose les fondations du mythe. Saitama y explique son régime légendaire (pompes, abdos, squats et course) qui lui a fait perdre ses cheveux mais a brisé son limiteur. On y voit sa frustration face à des adversaires comme Vaccine Man ou le Roi des profondeurs qui tombent en un seul coup. Sa rencontre avec Genos introduit le contraste entre l’effort technologique complexe et la force brute absurde de Saitama. Le protagoniste est présenté comme un individu détaché, plus préoccupé par les promotions au supermarché que par sa gloire personnelle. C’est ici que s’établit le ton de la série : une déconstruction des codes du shonen où le héros a déjà atteint le niveau maximum dès le premier chapitre.
Dans cet arc, Saitama démontre que sa force transcende la science et la génétique. Face à Carnage Kabuto, un monstre capable de terrasser Genos en un instant, Saitama ne ressent aucune pression. Le moment clé est sa révélation sur l’origine de sa force, qui laisse ses adversaires incrédules tant elle est banale. Le combat dans la salle d’entraînement spéciale souligne le fossé abyssal entre lui et le reste du monde. La panique de Saitama lorsqu’il réalise qu’il est samedi (jour de soldes) au milieu du combat final est une scène culte illustrant ses priorités décalées. Il finit par détruire la base entière, prouvant que rien, ni l’intelligence supérieure ni la mutation génétique, ne peut rivaliser avec son poing.
Saitama entre dans le système bureaucratique des héros. Bien que ses performances physiques soient littéralement hors normes (brisant les machines de test), son manque de charisme et sa philosophie simpliste le cantonnent au bas de l’échelle. Il rencontre Fubuki, qui tente de l’enrôler de force dans son groupe. Saitama lui donne alors une leçon sur ce que signifie réellement être un héros, refusant les jeux d’influence et les hiérarchies de pouvoir. Cet arc montre la confrontation entre la pureté de ses intentions et la corruption politique de l’Association. Il commence à attirer l’attention de certains membres de la classe S, intrigués par ce "Chauve Capé" qui semble ignorer les lois de la physique.
L’arc de Boros offre à Saitama son premier combat "sérieux" à l’échelle cosmique. Bien qu’il ne soit jamais réellement en danger, il reconnaît en Boros un écho de sa propre solitude. Le combat est visuellement apocalyptique, se terminant sur la Lune avant de revenir sur Terre. Saitama utilise sa série de mouvements sérieux, non par nécessité absolue, mais par respect pour la puissance de son adversaire. À la fin, Boros réalise que Saitama n’a même pas puisé dans ses réserves, soulignant tragiquement que même le plus fort de l’univers n’est qu’un divertissement passager pour le héros. C’est un moment de triomphe amer qui renforce l’isolement existentiel de Saitama malgré sa victoire salvatrice pour l’humanité.
Dans cet arc, Saitama est le fil conducteur invisible. Il ignore totalement la réputation de Garou. Leurs rencontres fortuites sont hilarantes : Saitama assomme Garou d’un coup de tranchant de main car ce dernier l’importunait pendant ses courses, puis plus tard d’un coup de pied parce qu’il le prenait pour un agresseur de rue. Saitama ne voit pas en Garou un monstre, mais juste un "gars un peu bizarre" qui s’agite. Cette indifférence totale déconstruit la tension dramatique que Garou essaie de bâtir. Saitama continue sa vie tranquille, développant son amitié avec King et recevant les visites incessantes de Genos et Fubuki, tout en restant la force inéluctable vers laquelle Garou se dirige inévitablement.
Sous le pseudonyme de Charanko, Saitama cherche une étincelle de défi dans la technique pure. Il est déçu de constater que les arts martiaux ne sont pour lui que des "mouvements qui ont l’air cool". Sa victoire contre Suiryu est éclatante : il encaisse les coups les plus puissants sans broncher avant de projeter son adversaire hors du ring d’un simple coup de hanche. La leçon qu’il donne à Suiryu après l’attaque des monstres est capitale : il sauve le jeune prodige non pour la gloire, mais parce que c’est son job. Il refuse de devenir un symbole et préfère l’anonymat de ses exploits, prouvant que sa force de caractère égale sa force physique.
Le climax de l’Association des Monstres voit Saitama affronter un Garou doté des pouvoirs de "Dieu". Le combat atteint une échelle divine, Saitama éternuant pour détruire Jupiter. C’est l’arc où il montre le plus d’émotion après la mort apparente de Genos, tenant le noyau de son disciple tout en combattant d’une seule main. Sa progression de force est telle que même Garou ne peut plus copier sa puissance. Finalement, Saitama utilise un voyage temporel pour annuler la catastrophe, montrant que sa force peut même plier la causalité. Il finit par épargner Garou, voyant en lui un humain égaré plutôt qu’un monstre, affirmant son rôle de juge ultime de l’humanité.
Saitama agit ici comme un régulateur. Face à la puissance dévastatrice de Tatsumaki, il reste de marbre, ses pieds s’enfonçant dans le sol alors qu’elle tente de l’envoyer dans l’espace. Il la traite comme une enfant capricieuse, ce qui enrage l’esper tout en l’intriguant. Leur "combat" est une démonstration d’invulnérabilité : il se laisse trimballer partout juste pour s’assurer qu’elle ne blesse personne d’autre. Cet arc approfondit la relation de Saitama avec les sommets de la Classe S. Il ne cherche pas à la battre, mais à la freiner. Sa présence force Tatsumaki à se confronter à quelqu’un qu’elle ne peut pas dominer, ébranlant ses certitudes sur sa propre supériorité absolue.
Installé dans le quartier général de luxe (grâce à son nouveau rang en classe A), Saitama mène une vie domestique absurde en gardant deux monstres miniatures comme animaux de compagnie. Il représente la stabilité au milieu du chaos politique causé par la scission des héros. Alors que tout le monde s’excite sur les armures technologiques des Néo-Héros, il continue de porter son costume jaune classique. Sa présence est une critique vivante de la course à l’armement : aucune technologie ne peut remplacer le dépassement de soi. Il devient un phare involontaire pour ceux qui doutent, bien que lui-même ne pense qu’à organiser sa nouvelle maison et à gérer ses voisins bruyants de la classe S.
Dans cet arc centré sur la vitesse et la furtivité, Saitama est l’élément disruptif. Flashy Flash tente de lui enseigner les bases de l’art ninja, ignorant que Saitama est déjà bien plus rapide que lui. Face à la menace cosmique de Empty Void, Saitama reste pragmatique. Il brise les barrières dimensionnelles comme s’il s’agissait de simples murs. Son interaction avec le monde mystérieux des ninjas souligne que pour lui, il n’y a pas de magie ou de technique secrète, seulement de l’exercice. Il aide Flashy Flash à affronter son passé tout en s’assurant que la menace de "Dieu" ne s’infiltre pas davantage dans leur réalité, le tout avec son flegme habituel.