Parcours dans les arcs
Samuel L. Maymon, alias Mephisto Pheles, est le marionnettiste suprême de cet arc introductif. En tant que deuxième plus puissant des Huit Rois Démons (Roi du Temps), il manifeste un intérêt déconcertant pour l'humanité. Sa décision de parrainer Rin au sein de l'Ordre est perçue comme un blasphème par beaucoup, mais Mephisto y voit un "pari" intellectuel et stratégique. Il manipule les événements en coulisses, envoyant Amaimon pour tester les limites de Rin. Son style flamboyant et son amour pour la culture otaku japonaise cachent une intelligence froide et millénaire. Il se délecte de l'imprévisibilité et semble toujours avoir trois coups d'avance sur le Vatican et sur Satan lui-même. Sa protection de Rin n'est pas altruiste ; il traite le garçon comme une pièce d'échecs précieuse dans un jeu dont lui seul connaît les règles. Son autorité sur l'Académie est absolue, et sa capacité à se transformer en chien de salon souligne son goût pour la farce dramatique, tout en maintenant une pression psychologique constante sur les frères Okumura.
Dans cet arc, Mephisto adopte une posture d'observateur cynique. Il laisse Shura Kirigakure diriger les opérations sur le terrain tout en gérant les retombées diplomatiques avec le Vatican. Sa confiance apparente dans les capacités de Rin à résoudre la crise de Kyoto cache une analyse minutieuse du potentiel de destruction des flammes bleues. Mephisto sait que la résurrection du Roi Impur est une opportunité pour Rin de prouver sa valeur ou de périr, et il accepte les deux issues avec une égale curiosité. Il intervient peu directement, mais sa présence se fait sentir à travers les ressources qu'il met à disposition. Son détachement irrite Shura et Yukio, mais Mephisto reste imperturbable, préférant savourer ses nouilles instantanées tout en contemplant les fils du destin se nouer à Kyoto. Il renforce son rôle de médiateur dangereux entre le monde des démons et celui des hommes, jouant sur les deux tableaux pour maintenir un équilibre qui sert ses desseins personnels de divertissement et de pouvoir temporel.
Le Roi du Temps utilise cet arc pour évaluer la santé mentale et sociale de ses pions. En envoyant les adolescents à la mer, il ne cherche pas seulement à éliminer un Kraken, mais à voir comment Rin s'intègre après les traumatismes de Kyoto. Mephisto apparaît brièvement, souvent dans des tenues de plage extravagantes, rappelant à tous qu'il est le maître des lieux. Son mépris pour le danger immédiat contraste avec l'inquiétude de Yukio. Il voit dans le combat contre le Kraken une simple distraction, un exercice de routine pour ses "chers élèves". Cependant, derrière cette légèreté, il surveille attentivement les progrès de Rin dans la gestion de ses émotions. Pour Mephisto, chaque interaction est une donnée supplémentaire dans son grand projet. Il s'amuse des tensions romantiques et amicales du groupe, les considérant comme des épisodes d'un divertissement à grande échelle dont il est le producteur exécutif, tout en s'assurant que les frontières d'Assiah restent imperméables aux menaces extérieures majeures.
C'est un arc charnière pour Mephisto. En tant qu'organisateur du festival, il met en scène une normalité apparente avant de laisser le chaos s'installer. La confrontation avec Lucifer, le Roi de la Lumière, est électrique. On découvre que Mephisto est le seul démon capable de tenir tête à la puissance écrasante des Illuminati sur le plan diplomatique et spirituel. Il refuse l'offre de fusion des mondes, préférant son existence actuelle dans Assiah. Sa réaction à l'enlèvement d'Izumo est glaciale : il laisse faire pour observer la réaction des Exwires, ce qui provoque la fureur de Rin. Mephisto montre ici sa face la plus impitoyable, sacrifiant le bien-être individuel pour un gain stratégique à long terme. Sa capacité à manipuler le temps et l'espace est brièvement suggérée, soulignant qu'il est bien plus qu'un simple proviseur. Il se positionne comme le dernier rempart contre l'apocalypse, mais un rempart qui exige un prix élevé en loyauté et en souffrance humaine pour ses protégés.
Mephisto joue ici le rôle du "guide absent". Bien qu'il possède le pouvoir d'écraser la base des Illuminati, il choisit de ne pas le faire, invoquant des contraintes politiques et dimensionnelles. En réalité, il veut voir si les Exwires peuvent fonctionner comme une unité indépendante. Il surveille la trahison de Shima avec un amusement non dissimulé, ayant probablement anticipé ce mouvement. Son inaction est sa forme d'action la plus puissante : elle force Rin, Yukio et les autres à grandir prématurément. Il observe les expériences de Gedōin avec dégoût mais sans surprise, les considérant comme des tentatives pathétiques de manipuler une vie que lui-même respecte à sa manière tordue. La fin de l'arc le voit consolider son pouvoir au sein du Vatican, utilisant l'échec partiel de la mission pour justifier des mesures plus radicales. Mephisto reste le grand architecte, dont la vision dépasse de loin les préoccupations morales immédiates de ses élèves, se concentrant sur la guerre froide qui l'oppose à son frère Lucifer.
Dans cet arc introspectif, Mephisto devient plus oppressant. Il joue avec les nerfs de Yukio, le poussant dans ses retranchements psychologiques pour forcer l'éveil de ses pouvoirs latents. Ses interactions avec Rin sont plus directes ; il le guide vers une compréhension plus profonde de sa nature de démon. Mephisto sait que l'équilibre d'Assiah vacille et il prépare ses armes. Il utilise sa demeure labyrinthique et ses illusions pour tester la santé mentale des protagonistes. Son mépris pour les méthodes archaïques du Vatican est évident, et il commence à agir de manière plus autonome, se fichant des protocoles. On comprend que Mephisto possède une nostalgie étrange pour Shiro Fujimoto, le seul humain qu'il semble avoir respecté. Cet arc montre un Mephisto plus sérieux, moins clownesque, conscient que le temps des jeux touche à sa fin et que la véritable guerre pour le contrôle de la réalité est imminente, nécessitant que les fils de Satan soient prêts à jouer leurs rôles.
L'implication de Mephisto à Aomori est celle d'un parieur qui voit ses pronostics se confirmer. Il ne lève pas le petit doigt pour aider Shura, estimant que si elle meurt, c'est que son rôle est terminé. Cependant, il est fasciné par la réaction de Yukio. Pour Mephisto, la douleur et le désespoir des humains sont les épices qui rendent l'existence intéressante. Il analyse la confrontation avec le dieu serpent comme une étude sur la persistance de la vie. Sa présence est presque spectrale, intervenant par des messages cryptiques ou des apparitions soudaines pour rappeler aux frères qu'ils sont toujours sous son aile, qu'ils le veuillent ou non. Cet arc renforce l'idée que pour Mephisto, même la mort et la souffrance de ses alliés proches ne sont que des variables dans une équation plus vaste. Il prépare psychologiquement Rin à l'étape suivante : le voyage dans le temps, une capacité qui relève de son propre domaine souverain en tant que Roi du Temps.
C'est ici que le masque de Mephisto tombe en partie. Dans le passé, on découvre un démon encore plus manipulateur, collaborant avec le Vatican pour créer des réceptacles capables d'accueillir les Rois Démons. Sa relation avec Shiro et Yuri est complexe : il semble avoir facilité leur union tout en sachant qu'elle mènerait à une tragédie mondiale. En transportant Rin dans le passé, il prend un risque calculé, pariant que la vérité ne brisera pas le garçon mais le renforcera. On voit Mephisto naviguer entre les époques avec une aisance divine, manipulant les souvenirs et les probabilités. Il avoue presque son amour pour Assiah, un monde dont il apprécie la diversité et le chaos créatif, contrairement à la monotonie de Gehenna. Ses motivations sont enfin plus claires : il veut empêcher la fusion des mondes non par bonté, mais pour préserver son terrain de jeu. Cet arc établit Mephisto comme l'architecte de toute la souffrance des protagonistes, mais aussi comme leur seul espoir de survie face à Satan.
Dans le bouquet final, Mephisto cesse de jouer les observateurs pour devenir le commandant en chef de la résistance humaine. Il déploie des barrières temporelles massives pour ralentir la fusion d'Assiah et Gehenna, un effort qui semble l'épuiser pour la première fois. Malgré la gravité de la situation, il garde son esprit sarcastique, narguant ses frères démons alors qu'il les trahit ouvertement. Il place sa confiance totale en Rin et Yukio, sachant que son rôle de mentor touche à sa fin. La bataille finale est pour lui la réalisation d'un plan vieux de plusieurs siècles. Lorsque Satan est finalement repoussé, Mephisto contemple le nouveau monde avec satisfaction. Il reste le proviseur de l'Académie, mais son statut a changé : il est désormais reconnu comme le protecteur occulte de l'humanité. Sa victoire est totale : il a sauvé son monde favori, conservé sa position, et prouvé que son génie surpasse celui de son père. Il conclut la série comme il l'a commencée, avec un sourire énigmatique et une promesse de chaos futur.