
BAKI : critique de l'adaptation Netflix

Baki - Ce n'est pas un manga de bagarre
L'histoire suit le parcours de Baki Hanma, un jeune prodige des arts martiaux qui s'entraîne avec une rigueur obsessionnelle dans un seul but : surpasser son père, Yujiro Hanma. Surnommé "L'Ogre", Yujiro est considéré comme la créature la plus forte du monde, un homme dont la puissance brute est telle qu'il est craint par les armées des plus grandes nations. Baki, hanté par un complexe d'infériorité et un désir de vengeance, cherche à prouver sa valeur dans l'arène souterraine du Tokyo Dome.
Le quotidien de Baki bascule dans une violence sans précédent lors de l'arc des "Condamnés à Mort". Cinq criminels internationaux, aussi puissants que sadiques, s'évadent simultanément de leurs prisons respectives pour se rendre à Tokyo. Leur motivation est singulière et terrifiante : ils sont "fatigués de gagner" et cherchent à connaître le goût de la défaite. Cette invasion déclenche une guerre totale et sans règles entre ces monstres d'inhumanité et les meilleurs combattants de l'ombre, menés par Baki et ses alliés.
Au-delà des simples techniques de combat, la série explore les limites du corps humain et la psychologie du guerrier. Baki doit sans cesse repousser ses barrières biologiques, affrontant des adversaires aux styles hétéroclites, allant du karaté traditionnel aux techniques de survie les plus brutales. Chaque affrontement est une démonstration de force brute où l'anatomie est poussée à l'extrême, et où la moindre erreur peut signifier une mutilation ou la mort.
À mesure que Baki gagne en maturité et en puissance, la confrontation finale avec son père devient inévitable. Entre tournois clandestins, entraînements surhumains et rencontres avec des légendes du combat, la série dépeint un monde où la force est la seule monnaie d'échange. C'est une épopée viscérale qui interroge ce que signifie réellement "être le plus fort" et le prix que l'on est prêt à payer pour atteindre le sommet de la pyramide des prédateurs.
Dans l'univers de Baki, la force n'est pas un moyen d'atteindre un but ; elle est le but. Keisuke Itagaki définit la force de manière absolue : être capable de faire ce que l'on veut, quand on le veut, face à n'importe qui. Cette quête est incarnée par le père de Baki, Yujiro Hanma, surnommé "l'Ogre".
Yujiro est une force de la nature qui dépasse les cadres géopolitiques. Il est plus puissant que des armées entières et chaque président des États-Unis doit prêter serment de non-agression envers lui. Cette hyperbole constante n'est pas qu'un ressort scénaristique ; elle pose une question philosophique : que devient l'humanité d'un homme quand plus rien sur Terre ne peut lui opposer de résistance ? Baki, le fils, ne cherche pas seulement à battre son père pour se venger de la mort de sa mère, mais pour obtenir une reconnaissance que seul le combat peut offrir.
L'une des signatures de Baki est son style graphique unique, souvent qualifié de "grotesque" ou d'hyper-anatomique. Itagaki, lui-même ancien militaire et pratiquant d'arts martiaux, dessine des corps où chaque muscle est poussé à une hypertrophie extrême.
Dans cet univers, le corps est malléable. On y voit des personnages contrôler leurs fibres musculaires, durcir leurs os ou modifier leur rythme cardiaque par pure volonté. Le combat n'est pas seulement une affaire de technique, c'est une collision de physiologies. L'auteur s'attarde sur des détails pseudo-scientifiques pour expliquer l'impossible (comme la structure des poings ou la densité osseuse), créant une forme de "réalisme fantastique" qui rend chaque coup porté incroyablement lourd et impactant pour le lecteur.
L'arc le plus célèbre de la série introduit cinq condamnés à mort qui s'évadent simultanément pour "connaître la défaite". Cet arc redéfinit la notion de combat dans le manga. Ici, il n'y a pas d'arbitre, pas de ring, pas de règles.
Le combat de rue devient une forme d'art sombre où l'usage de poison, d'explosifs cachés dans les dents ou de fils tranchants est monnaie courante. Cet arc confronte les maîtres des arts martiaux traditionnels (Doppo Orochi, Retsu Kaioh) à la réalité crue de la violence sans limite. Le message est clair : la force véritable doit pouvoir s'exprimer dans n'importe quel contexte, même le plus déloyal.
Itagaki adore confronter ses combattants à des figures historiques ou mythiques, créant des ponts temporels fascinants :
Miyamoto Musashi : Réanimé par clonage et spiritisme, il apporte une vision du combat médiévale (tuer ou être tué) dans un monde moderne qui a transformé l'art martial en sport.
Pickle : Un homme préhistorique préservé dans le sel, qui chassait des T-Rex à mains nues. Sa présence force les combattants actuels à revenir à l'essence même de la prédation.
Ces confrontations servent de laboratoires pour tester les théories d'Itagaki sur l'évolution de la force. Est-ce que la technique moderne (le "logiciel") peut battre la puissance brute primordiale (le "matériel") ? À chaque fois, l'auteur souligne que malgré la civilisation, l'homme reste un animal dont l'instinct de combat est le trait le plus archaïque et le plus noble.
Le personnage de Retsu Kaioh incarne l'orgueil et la richesse des 4000 ans d'arts martiaux chinois. Sa trajectoire est l'une des plus émouvantes. D'abord antagoniste arrogant, il devient un allié respecté qui finit par tester ses limites dans le monde de la boxe professionnelle, puis contre Musashi.
À travers lui, Itagaki rend hommage à la tradition tout en montrant ses limites. Retsu représente l'idée que la technique est une accumulation de sagesse humaine. Sa mort et sa "réincarnation" (dans un spin-off isekai) ou son influence posthume montrent que dans Baki, l'esprit d'un combattant survit à travers les leçons qu'il a laissées sur le ring.
Il serait réducteur de voir Baki uniquement comme un manga violent. C'est une œuvre d'un humour absurde et parfois involontaire. Les scènes de "shadow boxing" où Baki affronte une mante religieuse géante imaginaire de 100 kg, ou les démonstrations de force ridicules (écraser du charbon pour en faire du diamant), confèrent à la série une aura de légende urbaine.
Cette démesure sert à illustrer une virilité poussée dans ses derniers retranchements. Les personnages de Baki ne mangent pas, ils "consomment de l'énergie". Ils ne dorment pas, ils "récupèrent". Chaque aspect de leur vie est optimisé pour le combat. C'est une célébration de l'obsession, où le sacrifice social et personnel est le prix à payer pour atteindre un instant de transcendance lors d'un échange de coups de poing.
Baki est une œuvre qui ne laisse personne indifférent. C'est une plongée fascinante dans la psyché masculine et les fantasmes de puissance. Keisuke Itagaki a créé un monde où la hiérarchie sociale est remplacée par la hiérarchie physique.
Au final, le duel entre Baki et Yujiro (le "Combat Père-Fils") n'est pas une conclusion, mais une étape. Il symbolise le moment où l'enfant dépasse l'image du dieu qu'est son père pour devenir son propre homme. Dans Baki, on ne combat pas pour sauver le monde, on combat pour savoir qui l'on est vraiment quand on est mis à nu, sans artifices, face à un autre être humain.
Il s'agit de Keisuke Itakagi. Vous pouvez voir sa biographie et découvrir ses autres oeuvres sur cette page.
Keisuke Itakagi illustre les oeuvres de la série. Vous pouvez voir sa biographie et découvrir ses autres oeuvres sur cette page.
Keisuke Itakagi a maintenant 68 ans. Dans 304 jours, c'est son anniversaire !!
Keisuke Itakagi est né le 15 December 1957
Nous avons recensés 4 tome actuellement sortis pour cette série.
Baki T8 est sorti le 23 August 2006. Vous pouvez retrouver sa critique ici !
La série est classée dans la catégorie shonen.
Cette série est pour un public à partir de 10 ans. Pour vérifier que c'est bien adapté, découvrez le résumé et les critiques sur cette page. Ou demandez l'avis de la communauté.
Si je peux devenir plus fort que lui en étant simplement humain, alors je le ferai.
Dans l'album, Baki , par Baki Hanma et Le Champion . > Toutes les citations de la série