Parcours dans les arcs
L’Arbitre du match de sumo est une figure iconique qui hante l’esprit de Kiyoshi. Dans cet arc, il n’est pas un personnage physique mais une représentation mentale de la justice et de la tradition. Il apparaît lors des flashbacks sur les tournois de sumo que Kiyoshi et Chiyo affectionnent. Son rôle est de sacraliser leur lien naissant. Alors que l’école est un lieu de punitions injustes, l’Arbitre représente un monde où les règles sont claires, anciennes et respectées. Sa présence visuelle, avec son éventail gunbai, sert de contraste esthétique à la vulgarité de la prison. Pour Kiyoshi, l’Arbitre est le garant d’un honneur qu’il essaie de conserver malgré les humiliations de Meiko. Il est le témoin silencieux de la pureté des intentions de Kiyoshi envers Chiyo, plaçant leur relation sous le signe de la discipline sportive.
Lors de l’Opération DTO, l’Arbitre devient une figure de stabilité dans la psyché de Kiyoshi. Sous la pression de Mari, Kiyoshi se voit souvent sur un dohyo, faisant face à ses geôlières. L’Arbitre est là pour marquer les points, rappelant que chaque jour de survie est une victoire technique. Son importance est métaphorique : il incarne le fair-play qui fait défaut au Conseil Clandestin. Dans les moments de désespoir, Kiyoshi invoque l’image de l’Arbitre pour ne pas céder à la panique. Il représente la droiture nécessaire pour ne pas sortir des limites du cercle (l’expulsion). Sa présence dans le lore renforce l’aspect psychologique de la survie carcérale, transformant une lutte pour la scolarité en un combat rituel où l’honneur est la seule récompense.
Dans l’Arc de l’Évasion, l’Arbitre sert de métronome interne à Kiyoshi. Le protagoniste utilise les phases d’un match de sumo (le tachi-ai) pour rythmer ses efforts de creusement et ses déplacements furtifs. L’Arbitre symbolise le "moment critique" où tout bascule. Sa figure autoritaire dans les visions de Kiyoshi rappelle que la moindre erreur de pied hors du cercle signifie la fin du match. Cet arc utilise l’imagerie du sumo pour rendre l’évasion plus solennelle et intense. L’Arbitre est celui qui valide silencieusement l’ingéniosité de Kiyoshi. Il est le pont entre la passion de Kiyoshi pour le sumo et la réalité technique du tunnel. Sa présence souligne que pour Kiyoshi, l’évasion n’est pas une fuite lâche, mais une manœuvre offensive visant à reprendre l’initiative sur le terrain de Mari.
Lors de la Chute, l’Arbitre représente l’aboutissement de la justice. Kiyoshi, en présentant ses preuves, a l’impression de gagner son match le plus difficile. L’image de l’Arbitre déclarant le vainqueur illustre le sentiment d’accomplissement du protagoniste. C’est la fin de la période de punition injuste, et l’Arbitre valide le retour à un ordre plus équilibré. Dans le lore, cette figure reste liée à la complicité entre Kiyoshi et Chiyo, qui voient dans ce dénouement la victoire de leurs idéaux communs. L’Arbitre disparaît temporairement des visions de Kiyoshi car la réalité a enfin rejoint l’idéal de justice sportive qu’il représentait. Il est le symbole de la rédemption sociale des garçons au sein de l’académie Hachimitsu.
L’arc du Shadow Council est marqué par une absence de repères moraux pour Kiyoshi, ce qui se traduit par la disparition de la figure de l’Arbitre. Sans la passion du sumo pour le guider, Kiyoshi se sent perdu. L’école sous Kate est un monde sans arbitre, où la triche et la malveillance sont la norme. Ce vide symbolique souligne la noirceur de la situation : Mari elle-même, geôlière habituelle mais respectueuse d’un certain code, est désormais victime. Kiyoshi réalise que sans une forme d’arbitrage moral, la vie à l’académie n’est plus qu’une jungle. Cette absence prépare le retour triomphal de l’esprit de compétition lors de la fête du sport, où la figure de l’arbitre physique reviendra pour mettre de l’ordre dans le chaos.
La Fête du Sport réintègre la figure de l’Arbitre dans la réalité physique du récit. Que ce soit à travers le Directeur ou les règles strictes des épreuves, la notion de jugement impartial revient au premier plan. Kiyoshi et ses amis se battent sous l’œil de l’autorité. L’imagerie du sumo imprègne à nouveau les scènes de combat de cavalerie, où l’Arbitre symbolique semble veiller sur chaque charge. Cet arc est la consécration du sport comme moyen de résolution des conflits. L’Arbitre est celui qui garantit que la victoire de Mari sera incontestable. Pour Kiyoshi, c’est le moment où il peut enfin prouver sa valeur sur un terrain égal, loin de l’arbitraire des cellules. La figure de l’Arbitre couronne cet effort collectif, transformant la fête en un tournoi pour l’honneur et la liberté.
L’arc du Barbecue utilise l’Arbitre pour illustrer la chute morale de Kiyoshi. Au moment où Hana révèle les secrets de Kiyoshi, ce dernier imagine l’Arbitre pointant son gunbai vers Chiyo, signifiant sa victoire par forfait. C’est la fin du jeu. L’Arbitre n’est plus là pour encourager, mais pour constater le désastre. La trahison de Kiyoshi est une infraction aux règles du cœur que même l’arbitre le plus bienveillant doit sanctionner. Cette image renforce le sentiment de fatalité tragique : Kiyoshi est "sorti du cercle". Sa relation avec Chiyo est terminée, et l’Arbitre quitte définitivement la scène, laissant la place à la douleur brute et à la haine qui ne connaissent plus de règles ni de médiateur.
L’épilogue voit la disparition totale de l’Arbitre. À Hachimitsu, il n’y a plus de match, seulement une domination. Chiyo est devenue la juge et l’exécutrice. Le sumo, autrefois symbole de lien et d’honneur entre Kiyoshi et elle, est abandonné. L’Arbitre n’a plus sa place dans un monde où la haine a remplacé l’esprit sportif. Pour Kiyoshi, le souvenir de l’Arbitre est teinté de mélancolie ; il représente une innocence perdue. La série se termine sans arbitrage, dans une cyclicité sombre où le pouvoir pur a remplacé la justice. L’Arbitre reste dans le lore comme le vestige d’un rêve brisé, celui d’un monde où l’on pouvait gagner sa liberté et l’amour par le simple respect de l’adversaire et du règlement.