Parcours dans les arcs
C’est l’entrée en scène officielle de Tsutsumi. Manager pragmatique et parfois cynique, il n’est pas là pour se faire des amis, mais pour vendre des disques. Il prend les choses en main dès que Blast signe chez Gaia. Il gère le recrutement de Shin et s’assure que le groupe est prêt pour les médias. Tsutsumi est le premier à confronter les membres de Blast à la réalité du business : les horaires, les interviews, le contrôle de l’image. Il a une relation tendue avec Nana Osaki, car il tente de brider son impulsivité. Pour lui, Blast est un projet qu’il doit mener au sommet, peu importe les états d’âme des musiciens. Il représente le passage à l’âge adulte pour le groupe, l’instant où la musique devient un travail.
Dans cet arc, Tsutsumi est en mode gestion de crise permanente. Les retrouvailles de Nana et Ren sont un cauchemar pour lui si elles s’ébruitent trop tôt. Il joue un double jeu, protégeant ses artistes tout en négociant des exclusivités avec la presse. Il est le lien entre Blast et le monde froid des managers de Trapnest. Tsutsumi commence à réaliser que le lien entre les deux groupes est une mine d’or mais aussi un baril de poudre. Il impose des gardes du corps et des règles de discrétion strictes. Sa relation avec Yasu se renforce, car il reconnaît en le batteur un allié rationnel capable de tenir les autres membres. Tsutsumi est le gardien de la "marque" Blast, voyant chaque émotion comme un risque ou une opportunité.
Alors que Hachi quitte le 707, Tsutsumi y voit une opportunité de rendre Nana plus "dark" et concentrée. Il n’a aucune empathie pour le départ de Hachi, qu’il considérait comme une distraction. Il planifie les tournées et les enregistrements avec une précision militaire. Tsutsumi est celui qui maintient la pression sur Nobu et Shin pour qu’ils restent productifs malgré leur tristesse. Il commence à entrer en conflit avec Nana sur la direction artistique du groupe, voulant quelque chose de plus commercial. Il est le visage de l’industrie qui dévore la vie privée de ses membres pour nourrir la légende. Sa présence est de plus en plus pesante, symbolisant l’aliénation des artistes par leur propre succès.
L’ascension médiatique est l’heure de gloire de Tsutsumi. Il est partout, négociant les contrats publicitaires et les passages télévisés. Il gère l’arrestation de Shin avec une froideur chirurgicale, limitant les dégâts pour le groupe. Sa relation avec Nana Osaki atteint un point de rupture, car il l’utilise comme un pion dans sa guerre contre les autres labels. Tsutsumi est prêt à tout pour que Blast dépasse Trapnest dans les charts. Il représente l’ambition sans scrupules. Cependant, on commence à voir chez lui une certaine lassitude face à l’instabilité de ses artistes. Il réalise que son succès dépend de la santé mentale de personnes qu’il a lui-même contribué à épuiser. Il est le manager-roi d’un empire qui commence à se fissurer de l’intérieur.
C’est l’arc de la défaite pour Tsutsumi. Malgré tous ses efforts de contrôle, l’imprévisible tragédie de la mort de Ren détruit ses plans. Il n’a plus de prise sur Nana Osaki, qui s’enfonce dans le mutisme. Tsutsumi doit faire face à la réalité : on ne peut pas tout manager. Il gère la fin des contrats et la communication post-tragédie avec une amertume certaine. On voit pour la première fois une fissure dans son masque de professionnel : il regrette peut-être d’avoir été aussi dur. Sa carrière subit un coup d’arrêt, car son groupe phare disparaît. Il finit par accepter la dissolution de Blast, conscient que l’étincelle est morte. Il se retire dans les bureaux de Gaia, redevenant un manager parmi d’autres, hanté par l’échec du projet le plus ambitieux de sa vie.
Tsutsumi apparaît brièvement dans les flashforwards, ayant vieilli et perdu de son arrogance. Il est resté un homme de l’ombre. On devine qu’il a aidé à couvrir la disparition de Nana au début pour éviter un scandale final, avant de perdre sa trace. Il n’est plus en contact direct avec Hachi, mais son héritage en tant que manager de Blast est connu de tous. Il représente le souvenir de l’aspect "business" de leur aventure. Son personnage finit par être une figure de l’industrie qui a appris, trop tard, que les artistes ne sont pas des machines. Il reste une source potentielle d’informations pour ceux qui cherchent encore Nana en Angleterre.