Parcours dans les arcs
Au début de l’histoire, Nana Komatsu est dépeinte comme une jeune femme romantique, impulsive et dépendante de l’affection masculine. Elle quitte sa famille et sa ville natale non pas par ambition personnelle, mais pour suivre Shoji, illustrant son manque de direction propre. Sa rencontre fortuite avec Nana Osaki est le catalyseur de sa transformation. Bien qu’elles soient opposées — l’une est sombre et punk, l’autre est joyeuse et superficielle — Hachi trouve en l’autre Nana un modèle de force. Elle s’investit totalement dans l’aménagement de l’appartement 707, cherchant à créer un foyer chaleureux. Son tempérament de "petit chien" (d’où le surnom Hachiko) la rend immédiatement attachante mais aussi vulnérable. Elle jongle avec des petits boulots, souvent avec difficulté, car elle manque de discipline. Son obsession pour la mode et les sorties cache une peur profonde de la solitude et un besoin constant de validation. L’arc de la rencontre montre sa capacité à s’attacher instantanément aux gens, faisant d’elle le ciment social du groupe qui commence à se former autour des deux Nana. Sa loyauté envers Shoji est mise à l’épreuve par la réalité de la vie à Tokyo, mais son optimisme reste sa caractéristique dominante.
L’arc des débuts à Tokyo est celui de la désillusion amoureuse pour Hachi. Elle découvre l’infidélité de Shoji de la manière la plus brutale possible, ce qui marque la fin de son innocence. Cette rupture est un moment charnière : au lieu de s’effondrer totalement, elle trouve refuge auprès de Nana et des membres de Blast. Elle commence à réaliser que l’amitié peut être plus stable que l’amour romantique. Elle s’investit dans son rôle de "mascotte" du groupe, aidant à la logistique des concerts et apportant une énergie positive lors des répétitions. Sa fascination pour le monde de la musique s’accroît, et elle commence à idolâtrer le groupe Trapnest, ignorant que cela causera plus tard des frictions. Hachi apprend à être un peu plus autonome, bien que sa tendance à chercher un "sauveur" masculin reste présente. Son lien avec Nana Osaki devient presque symbiotique ; elle prend soin de l’appartement et de la santé de Nana, tandis que cette dernière lui offre une protection spirituelle. Hachi représente la normalité et la douceur dans un monde de rockeurs tourmentés. Sa capacité de résilience est testée, et elle commence à comprendre que la vie à Tokyo est bien plus cruelle et complexe qu’elle ne l’avait imaginé dans sa petite ville de province.
Dans cet arc, Hachi agit comme une entremetteuse, mue par un désir sincère de voir son amie heureuse. Sa naïveté la pousse à ne pas anticiper les conséquences complexes de ces retrouvailles. Elle est émerveillée par l’univers de Trapnest, voyant en eux des êtres divins plutôt que des humains faillibles. Sa propre vie sentimentale étant au point mort, elle vit par procuration l’histoire d’amour épique de Nana et Ren. Cependant, elle commence à ressentir une pointe de solitude alors que Nana s’éloigne pour passer du temps avec Ren. C’est durant cette période qu’elle commence à attirer l’attention de Takumi Ichinose, le leader de Trapnest. Hachi est flattée et terrifiée par l’intérêt que lui porte cette star inaccessible. Sa position au sein du groupe Blast devient un peu plus complexe, car elle est le pont entre deux mondes rivaux. Elle reste la confidente de tous, absorbant les angoisses de Nobu, Yasu et Nana. Son rôle de pilier émotionnel du 707 est crucial, mais elle commence à négliger ses propres besoins de stabilité, se laissant emporter par le tourbillon de célébrité qui entoure ses proches. Elle est à la fois spectatrice et actrice d’un drame qui commence à la dépasser.
C’est l’arc le plus controversé et le plus déterminant pour Hachi. Déchirée entre son amour pur pour Nobu et son attirance toxique pour Takumi, elle se retrouve prise au piège d’une grossesse inattendue. Sa décision de rester avec Takumi est motivée par une peur viscérale de l’avenir et un besoin de protection pour son enfant. Elle sacrifie son propre bonheur amoureux et sa relation avec Nana pour une forme de stabilité matérielle et de responsabilité. Ce choix est perçu comme une trahison par le clan Blast. Le départ du 707 est une scène déchirante où elle réalise qu’elle brise le sanctuaire qu’elle avait tant chéri. Sa vie avec Takumi se révèle être une cage dorée ; elle est souvent seule, confrontée aux infidélités de son mari et à l’isolement social. Elle devient une femme mariée avant d’avoir pu vraiment devenir adulte. Sa culpabilité envers Nana Osaki est immense, et elle passe le reste de l’arc à essayer de réparer ce lien brisé, malgré les obstacles que Takumi met sur son chemin. Hachi montre ici une facette plus mature, acceptant les conséquences de ses actes de manière stoïque, même si cela signifie vivre dans une tristesse constante.
Hachi vit cet arc comme une spectatrice privilégiée mais isolée. Bien qu’elle ait tout le confort matériel, son cœur reste attaché à l’appartement 707 et à la progression de Blast. Elle suit chaque étape de leur succès avec une fierté teintée de nostalgie. Sa relation avec Takumi est complexe : elle apprend à le connaître au-delà de son image de star, découvrant un homme froid et calculateur, mais aussi capable de moments de tendresse protectrice. Elle devient une sorte de diplomate, essayant de calmer les tensions entre Takumi et le reste du monde. Sa grossesse avance, et elle se prépare à son rôle de mère, ce qui lui donne une nouvelle force intérieure. Elle continue de voir les membres de Blast en cachette ou lors d’événements officiels, agissant comme un lien secret entre les deux groupes rivaux. Elle est la première à se rendre compte de la fragilité mentale de Nana Osaki face aux médias, mais sa position de "femme de l’ennemi" limite sa capacité à intervenir. Cet arc souligne sa transformation : elle n’est plus la jeune fille insouciante, mais une femme qui porte le poids de ses choix et qui essaie désespérément de garder sa "famille" unie malgré les rivalités professionnelles et les scandales de presse.
Dans l’arc le plus sombre, Hachi est celle qui ne s’effondre pas totalement. Malgré son propre chagrin et sa situation familiale complexe, elle se dévoue aux autres. Elle accueille les membres de Blast, offre son soutien à Reira et tente de protéger le groupe de la curiosité malsaine des médias. Elle est la seule à vraiment comprendre l’ampleur du vide laissé par Ren chez Nana Osaki. Lorsque Nana disparaît, Hachi ne perd pas espoir. Elle se transforme en la gardienne de la mémoire du groupe. Sa relation avec Takumi se détériore davantage, car les priorités divergent, mais elle reste ferme sur ses principes moraux. Elle s’occupe de l’appartement 707, le gardant prêt pour le retour de son amie. C’est ici qu’elle prouve qu’elle est devenue la plus forte des deux Nana ; sa capacité à endurer la douleur sans fuir la réalité fait d’elle le pilier central du lore. Elle accepte son rôle de mère et de pilier social avec une dignité tranquille. La tragédie renforce son désir de protéger ce qui reste de leur cercle d’amis, marquant la fin de sa transformation de "petit chien" dépendant en une femme d’une résilience exceptionnelle.
Les flashforwards révèlent une Hachi accomplie et sereine. Elle élève Satsuki seule au Japon pendant que Takumi vit à Londres avec leur fils, Ren Jr. Cette séparation géographique suggère une indépendance qu’elle n’avait pas au début. Elle travaille maintenant et semble avoir trouvé son propre équilibre. Elle est devenue le centre de gravité de tous les personnages survivants. Sa loyauté envers Nana Osaki est restée intacte après toutes ces années ; elle n’a jamais cessé de la chercher. Elle loue toujours l’appartement 707 avec ses propres moyens, un geste symbolique fort qui montre que sa promesse de ne jamais abandonner Nana est sa raison de vivre. Hachi est devenue la "mère" de tout le groupe, accueillant Nobu, Yasu et Shin avec une chaleur constante. Elle incarne l’espoir et la pérennité de l’amitié malgré les ravages du temps et des deuils. Sa patience est infinie, et elle transmet à sa fille les valeurs de loyauté et de tendresse. Elle est la narratrice de l’histoire, celle qui donne un sens à leur passé commun et qui attend, avec une foi inébranlable, que la table à 7 pieds soit de nouveau complète.