Le père de Tenma n'apparaît que brièvement ou par évocation, mais il définit la psychologie initiale de Kenzo. Il représente un système médical japonais rigide où le prestige prime sur l'éthique. C'est pour fuir cette vision utilitaire de la médecine que Tenma s'installe à Düsseldorf. L'exigence de son père a fait de lui un chirurgien hors pair, mais a aussi créé un vide affectif. Lorsque Tenma choisit de sauver Johan contre les ordres de sa hiérarchie allemande, il s'oppose symboliquement à tout ce que son père lui a enseigné. Cette rupture avec la figure paternelle est le premier acte de rébellion de Tenma, transformant son identité de fils prodige en celle d'homme de principes. Le poids de ce nom "Tenma", associé à une lignée de médecins illustres, devient une chaîne dont Kenzo se libère en devenant un fugitif pour la justice.
À la fin de l'histoire, le père de Tenma représente le passé que Kenzo ne rejoindra jamais. Malgré son acquittement et la possibilité de retrouver une place au sommet de la hiérarchie médicale japonaise, Tenma choisit de soigner les plus démunis avec MSF. Ce choix est l'affront final à la vision de son père. La boucle est bouclée : Tenma a affronté le "Monstre" et a compris que la valeur d'une vie ne se mesure pas au statut social, une leçon que son père n'a jamais apprise. Bien que la relation reste distante, ce personnage sert de point de référence pour mesurer l'évolution morale de Kenzo. En refusant l'héritage paternel, Tenma prouve qu'il a trouvé sa propre vérité, loin des ambitions de gloire qui avaient initialement guidé sa carrière à l'hôpital Memorial.