Parcours dans les arcs
Dès sa première apparition, Makima dégage une aura de mystère et d'autorité absolue. Elle utilise la vulnérabilité de Denji, lui offrant de la nourriture et de l'affection pour s'assurer sa loyauté. Elle se présente comme une sauveuse, mais ses intentions sont voilées. Elle définit les règles du jeu : Denji est son "chien", et toute désobéissance sera punie par l'élimination. Elle installe une dynamique de pouvoir déséquilibrée, utilisant son charme et son statut pour diriger les actions de Denji. C'est elle qui orchestre la rencontre entre Denji et Aki, posant les premiers pions de son plan à long terme. Sa maîtrise de soi et son calme olympien face à l'horreur suggèrent déjà une nature qui dépasse celle d'une simple humaine.
Makima agit ici comme une marionnettiste. Elle sait pertinemment que Power est instable, mais elle l'associe à Denji pour tester la résistance de ce dernier. Elle reste en retrait, laissant Aki gérer le chaos quotidien, tout en maintenant une pression psychologique sur Denji via des promesses de récompenses intimes. Son influence est constante ; chaque action des protagonistes semble être une réponse à ses attentes. Elle renforce le désir de Denji pour elle, s'assurant qu'il devienne dépendant de son approbation. Elle n'intervient pas physiquement, mais son autorité est le moteur de l'arc, prouvant que sa simple présence suffit à dicter la conduite des chasseurs les plus indisciplinés.
Bien qu'absente de l'hôtel, Makima domine l'arc par l'obéissance qu'elle inspire. La soirée qui suit la victoire contre le Démon-Éternité est cruciale : elle y montre son invulnérabilité, même face à l'alcool, et renforce ses liens avec ses subordonnés tout en gardant une distance émotionnelle. Son baiser avec Denji (et le moment dégoûtant qui suit avec Himeno) la place au centre des préoccupations romantiques du héros. Elle utilise ces moments de vulnérabilité sociale pour asseoir sa domination psychologique. Chaque interaction est calculée pour que Denji se sente spécial à ses yeux, tout en restant une simple pièce sur son échiquier. Elle observe également la loyauté d'Aki et la folie de Denji, notant qui sera le plus utile pour ses projets futurs.
Cet arc révèle pour la première fois l'étendue effrayante des pouvoirs de Makima. Sa "résurrection" dans le train suggère une immortalité ou un pacte de haut niveau. La scène du temple, où elle force des condamnés à mort à prononcer les noms des cibles pour les broyer à distance, est l'un des moments les plus marquants de la série. Elle élimine les menaces sans même être sur le champ de bataille, utilisant les vies humaines comme une simple monnaie d'échange. Elle réorganise ensuite les divisions de la Sécurité Publique, consolidant son pouvoir personnel sous prétexte de sécurité. Son visage reste impassible, même face à la mort de nombreux collègues, confirmant son absence totale d'empathie humaine et son dévouement à un objectif caché.
Makima agit ici comme le prédateur ultime. Elle laisse Denji explorer sa romance avec Reze uniquement pour mieux le briser plus tard et éliminer une menace concurrente (l'Union Soviétique). Sa confrontation finale avec Reze est brève et impitoyable ; elle utilise des démons sous son contrôle pour acculer l'hybride. Elle ne permet aucune variable incontrôlée autour de Denji. En tuant Reze au moment où celle-ci choisissait l'amour plutôt que le devoir, Makima s'assure que Denji reste isolé et dépendant de la Sécurité Publique. C'est une démonstration de cruauté stratégique : elle ne se contente pas de vaincre ses ennemis, elle efface toute trace d'alternative à sa propre domination sur le protagoniste.
Dans cet arc, Makima se comporte comme une divinité protectrice mais exigeante. Sa descente en Enfer pour récupérer ses subordonnés est un acte de puissance pure ; elle est la seule capable de tenir tête, ne serait-ce qu'un instant, au Démon-Ténèbres. Elle utilise ses pouvoirs de manipulation spatiale et de contrôle pour extraire le groupe. De retour sur Terre, elle continue de manipuler les perceptions, se faisant passer pour le rempart ultime contre le chaos mondial. En réalité, elle profite du carnage pour affaiblir les autres nations et asseoir sa suprématie. Sa relation avec Kishibe se tend, car ce dernier commence à comprendre sa véritable identité. Elle reste intouchable, protégée par ses contrats secrets.
C'est le moment de la révélation totale. Makima dévoile sa nature de Cavalier de l'Apocalypse. Son combat contre le Démon-Flingue montre qu'elle contrôle de nombreux autres démons et humains (dont Angel et Aki) pour canaliser leurs pouvoirs. Elle ne combat pas par elle-même, mais à travers ses chaînes de domination. Le choix de transformer Aki en Démon-Flingue est l'acte le plus sadique de son existence : elle veut que Denji soit celui qui porte le coup de grâce à son ami, afin de briser le contrat entre Denji et Pochita. Pour elle, les humains sont des animaux domestiques dont elle dispose à sa guise pour atteindre son utopie : un monde sans souffrance, sous son contrôle absolu.
Gabi est introduite comme une version féminine et mahre d’Eren : passionnée, douée et totalement endoctrinée. Son meurtre de Sasha est le choc qui définit son personnage aux yeux du public. Elle représente les conséquences tragiques de la propagande de guerre sur la jeunesse. Son arrivée sur l’île est un choc culturel brutal ; elle refuse de voir l’humanité de ses geôliers, cherchant sans cesse à se venger. Elle incarne le cycle de la haine dans sa forme la plus pure et la plus dévastatrice.
L'arc final de la partie 1 explore l'idéologie de Makima. Elle n'est pas "méchante" au sens classique, mais possède une vision du monde totalement dépourvue de libre arbitre. Son amour pour Chainsaw Man est fanatique ; elle veut soit le posséder, soit être dévorée par lui. Elle déploie une armée d'hybrides et de démons pour le soumettre. Sa défaite vient de son propre mépris pour Denji : elle n'a jamais regardé "Denji", seulement le démon en lui. Elle ne l'a jamais reconnu comme un être digne d'intérêt, ce qui a permis au jeune homme de l'approcher et de lui porter le coup fatal. Sa mort et sa consommation par Denji marquent la fin de son ère, mais son influence persiste à travers sa réincarnation, Nayuta.
C’est l’arc de la déconstruction pour Gabi. Elle réalise l’absurdité de ses préjugés. Sa rédemption commence lorsqu’elle protège Kaya, la sœur de sa victime. Elle devient une alliée précieuse grâce à son talent exceptionnel au tir. Son tir sur Eren est un moment pivot de l’histoire. Elle passe du statut d’antagoniste détestée à celui de témoin lucide de la tragédie. Sa transformation mentale est l’un des développements les plus profonds de la série, symbolisant l’espoir que l’éducation et l’empathie peuvent briser les cycles de violence.
L'influence de Makima est post-mortem. On voit les cicatrices psychologiques qu'elle a laissées sur Denji : sa méfiance envers l'affection féminine et son besoin de contrôle sur son environnement. Nayuta hérite de certains de ses traits de caractère, mais sans ses souvenirs, ce qui crée une tension constante : peut-elle devenir différente ? La Sécurité Publique surveille étroitement Denji pour s'assurer qu'il élève Nayuta correctement, craignant que le cycle de la domination ne recommence. Makima sert de point de référence négatif pour tous les personnages qui ont survécu à son règne, sa mémoire étant synonyme de terreur absolue et de manipulation parfaite.
Dans le final, Gabi prouve sa valeur en tant que protectrice. Sa brève transformation en Titan est la peur ultime qu’elle a dû affronter. Sa survie et son avenir avec Falco sont le symbole de la nouvelle génération qui refuse de répéter les erreurs des aînés. Elle finit par devenir une force de paix, prenant soin de ceux qui ont souffert de la guerre, y compris ses anciens ennemis. Elle a enfin trouvé son identité en dehors du rôle de "Guerrière" que Mahr lui avait imposé.
Makima est citée indirectement comme faisant partie des Quatre Cavaliers. Sa sœur Fami utilise des tactiques similaires de contrôle et de faim psychologique, soulignant que Makima n'était qu'une pièce d'un ensemble plus vaste de menaces primordiales. On comprend mieux la place de Makima dans la hiérarchie des démons. Pour Denji, chaque tentative de manipulation par l'Église réveille le traumatisme lié à Makima. Elle reste le standard d'excellence en matière de cruauté ordonnée, et les antagonistes actuels tentent soit de l'imiter, soit de combler le vide de pouvoir qu'elle a laissé. Sa présence est purement thématique, mais elle reste le moteur du comportement défensif de Denji.
Makima n'apparaît pas physiquement, mais sa méthodologie est utilisée contre Denji. Le centre de détention est une version clinique de la domestication qu'elle imposait. Les chercheurs de la Sécurité Publique tentent de reproduire son contrôle sur les démons via la technologie et la chirurgie. Pour le lecteur, l'absence de Makima souligne le chaos actuel : là où elle gérait tout avec une élégance terrifiante, les humains échouent lamentablement à contenir Chainsaw Man, provoquant des carnages qu'elle aurait évités par la simple force de sa volonté. Elle reste l'ombre géante derrière la structure même de la Sécurité Publique.
Dans cet arc final, le rôle de Makima dans la cosmologie des démons est pleinement explicité. Elle était le Cavalier cherchant à usurper le rôle de la Mort pour figer l'humanité dans un état de paix éternelle et forcée. Ses actions dans la Partie 1 apparaissent comme une tentative désespérée de préparer l'arme (Chainsaw Man) contre l'ennemi ultime (le Démon-Mort). Les personnages réalisent que malgré sa malveillance, elle était l'un des rares êtres à avoir une vision globale de la menace imminente. Son héritage est une double lame : elle a presque détruit le monde pour le sauver à sa manière. Nayuta doit maintenant porter le poids de ce que sa prédécesseure a échoué à accomplir, mais avec l'humanité que Denji lui a enseignée.