Prochain niveau: 2 EXP

couverture bande-dessinee Trois heures

Trois heures

Date de parution : 8 octobre 2020

Éditeur : Çà et là
Illustrateur : Mana Neyestani
Coloriste : Pierre-Mony Chan
Collection : -
Série : Trois heures
Catégorie : Chronique sociale
Public : 18
Isbn 9782369902836

Description de Trois heures

Le 14 septembre 2017, Mana Neyestani, dessinateur d’origine iranienne et réfugié politique à Paris, prépare ses valises dans son appartement de Belleville. Il doit aller prendre un avion pour se rendre à Montréal, invité par un festival afin d’y présenter son dernier roman graphique, L’araignée de Mashaad. Mais depuis son départ d’Iran, la perspective des voyages l’angoisse. Il vérifie une nouvelle fois qu’il a bien pensé à tout. Le passeport, la carte d’identité, l’invitation, mais aussi des chaussures sans lacet et un pantalon qui ne nécessite pas de ceinture, afin de passer plus facilement les contrôles aéroportuaires. Il donne aussi un prénom à ses valises afin de pouvoir régulièrement contrôler qu’il les a bien toutes avec lui : Groucho, Chico et Harpo. Surtout, il prend un maximum de délai pour se rendre l’aéroport : il y va avec 3 heures d’avance. Il prend un recueil de poésies de son père pour passer le temps. A l’arrivée à Orly Sud, il se rend au guichet indiqué pour son vol. L’angoisse monte, irrémédiablement. Il ne peut s’empêcher de culpabiliser, de se victimiser. Il se souvient de son difficile passage par Guangzhou, en Chine, avec de faux passeports, lors de sa fuite d'Iran pour éviter le tribunal révolutionnaire…

Critique de Trois heures

Mana Neyestani reste bloqué pendant 3h dans l’aéroport d’Orly, en raison d’un « problème avec son passeport ». Pendant l’attente, il se souvient, extrapole et fait une introspection angoissée de son statut de réfugié politique.Il semble que le dessinateur d’origine iranienne Mana Neyestani se soit enfermé dans sa condition de réfugié politique, et que ce statut obnubile désormais toute sa créativité. On peut en effet comprendre que le déracinement culturel définitif et les confitions dans lesquels il s'est fait, nourrisse un réel traumatisme et un sentiment d’apatridie. Voici donc l’auteur au sein d’une salle d’attente d’aéroport, où il poireaute Trois heures, en proie à des pérégrinations mentales, en train de ressasser ses souvenirs angoissants vis-à-vis de son emprisonnement en Iran et de l’administration française. Et l’on sait tous ô combien nos institutions savent faire de la haute-volée en matière de circonvolutions kafkaïennes et absurdes. Les fantômes de sa malédiction sociale se renforcent par un « problème avec son passeport ». A son observation angoissée du manège des agents, sensés régler son problème, il entremêle ce nouveau roman graphique de souvenirs en flashbacks et d’extrapolations imaginaires. Il phantasme la vie des autres quidams, de ses bourreaux du passé, et recompose ses réminiscences. Il transforme son attente en aventure épique ou débridée (la comédie musicale sur une chanson d’Elvis Presley, les Marx Brothers à la place des valises). Le passage le plus intéressant est l’introspection sur son métier de « dessinateur politique », sur l’ambivalence de son l'engagement de celui qui veut faire bouger les lignes en restant tout de même sage et discipliné, par éducation.

9Note générale
10Scénario / ambiance
10Illustration / couleur
Vous devez vous connecter afin de proposer une critique.
Il n'existe aucunes critiques pour cette bande-dessinée... Vous devriez peut-être vous en méler non?
Vous auriez un bonus XP, plus d'influence, et la gloire éternelle (probablement)!
devenir rédacteur

Comparateur bande dessinée

Trouvez le meilleur prix

Extraits

Photos 30

bande-dessinee