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couverture bande-dessinee Gravé dans le sable

Gravé dans le sable

Date de parution : 29 octobre 2020

Éditeur : Philéas
Scénariste : Jérôme Derache
Collection : -
Série : Gravé dans le sable
Catégorie : Guerre
Public : 18
Isbn 9782491467043

Description de Gravé dans le sable

06 Juin 1944, Omaha Beach, Pointe Guillaume. Sous le feu des allemands, les barges débarquent des centaines de soldats américains, dont Lucky, « Branlette », Alan, Barry, Oscar. L’un d’eux doit aller déposer un sac d’explosifs sous la barrière en béton dressée par l’ennemi, afin d’atteindre la falaise. Un défi suicide qui donne une idée au groupe. Disposant tous d’un numéro d’assaut, l’un d’eux, Lucky, propose d’échanger le sien, le 148 , contre celui d’Oscar : le 04, moyennant 1,44 million de dollars. Le contrat accepté, devant témoins, il s’élance, pour accomplit sa mission, et mourir. Cependant, sa veuve, Alice, ne touchera jamais l’argent promis. En juin 1964, à l’occasion d’une cérémonie hommage aux victimes, sur les lieux de l’assaut, elle est informée de la situation par les anciens compagnons rescapés. Qui a trahi, comment ? Et pourquoi ? Alice va alors rentrer aux Etats Unis, embaucher un détective privé, et se lancer sur les traces du passé...

Critique de Gravé dans le sable

Adaptation BD d'un roman de 2015, cette enquête intrigante sur les traces d'une trahison remontant au débarquement des alliés en 44 s'extirpe difficilement d'un synopsis à tiroirs.Adapter un roman est un sacré challenge. L'attrait d'un bon synopsis peut convaincre un auteur et un éditeur, et cette histoire se déroulant sur 41 ans possède un charme indéniable. On sent d'ailleurs son potentiel audiovisuel. Jérôme Derache déroule un scénario par chapitres, naviguant entre flashback (juin 1944) et présent (novembre 44), puis par bonds dans le futur (les années 60, puis 1975) respectant en cela la trame du roman. Élaborant son découpage sur 128 pages, pour un roman de 480, il laisse le temps au lecteur de goûter cette enquête tranquillement, sans qu’il ait l'impression d'être pressé vers la sortie. Bon point, supporté par une couverture plutôt agréable, aux tons doux. La compréhension de toute la première partie, avant le retour d’Alice aux Etats Unis, reste pourtant assez difficile pour ceux ne connaissant pas le roman. Beaucoup de noms, des changements d'époque incessants, et alternés, permettent difficilement de fixer son attention, ou plutôt sa motivation. D'autant que les protagonistes du départ sont laissés, à peine leur connaissance faite. Et le portrait d’Alice, la belle veuve blonde qui va devenir finalement le protagoniste principal de l'histoire, n'est pas assez détaillé pour que l'on se mette à sa place, ou en tous cas que l'on ressente beaucoup d'empathie pour elle. Alors certes, le flou entretenu sur ce personnage central fait partie de l'intrigue, mais cela opère néanmoins quasiment de la même manière sur d'autres. On se prend donc à s'attacher plutôt au privé, l'amoureux transi d’Alice, que Cédric Fernández, connu pour ses albums Saint Exupéry et Faucheurs de vent chez Glénat, a choisi de représenter sous des traits sympathiques, mi Edwy Plenel mi Magnum. Sur l'aspect graphique, les pages sont dessinées dans un style semi réaliste, plutôt académique, malheureusement assez typique des adaptations françaises en BD. Quelques planches avec voitures ressortent néanmoins agréablement, la plus efficace étant la toute dernière, en pleine page. En parlant de détail, il en est un qui pourra titiller les plus attentifs : le fait que l'héroïne ne se change « vestimentairement » que rarement au fil de toute l'histoire et des années. Une robe rouge avec large ceinture noire, de juin 1964 à janvier 1965, sur plus de 80 pages. Cela est suffisamment intriguant pour se surprendre à guetter le moment où l'on verra enfin de nouvelles couleurs, de nouvelles matières. Elle arrive page 89, en...1975. Tic de lecteur psychotique direz-vous ? Lorsque l'on sait l'importance que cela revêt pour la gente féminine, et réalisant que ce genre de détail arrive à gêner la lecture, la question peut être posée. Au final, Gravé dans le sable permet de passer un moment assez agréable. Cette adaptation ne pourra néanmoins pas prétendre à être gravée dans le marbre.

9Note générale
10Scénario / ambiance
10Illustration / couleur
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