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couverture comics Square Eyes

Square Eyes

Date de parution : 30 septembre 2020

Éditeur : Delcourt
Illustrateur : Anna Mill
Scénariste : Luke Jones
Coloriste : Anna Mill
Collection : Outsider
Série : Square Eyes
Catégorie : Roman graphique
Public : 18
Isbn 9782756042060

Description de Square Eyes

Jeune femme ingénieure, Fin l’est dans un futur assez proche, on le devine. On est dans un monde hyper connecté où les liens sociaux se confondent au réseau. Or, on ne sait comment, son ami George la retrouve peu vêtue, hagarde, et sans pouvoir se reconnecter. Que s’est-il donc passé ? Elle l’ignore, n’arrive pas à expliquer comment elle s’est retrouvée hors du réseau. Elle se rappelle juste qu’il y a à peine quelques jours, elle bossait sur une application innovante qui devrait permettre de matérialiser des objets juste en y pensant. En dépit des dangers et des difficultés, Fin va enquêter & tout tenter pour découvrir la machination qui l’entoure, et les raisons de sa déconnexion. Ce qui est difficile dans ce monde quasiment virtuel pour un paria.

Critique de Square Eyes

C’est une œuvre importante, à l’esthétisme revendiqué et aux pages épaisses pour un grand format carré, du cercle « restreint » des livres graphiques qu’est Square Eyes. Récit stylé, moderne et époustouflant. Luke Jones et Anna Mill sont 2 architectes ayant établi une plateforme commune, Eflux. Leur travail sur le lien étroit entre esthétisme, urbanisme et réseau les pousse, avec d’autres artistes, à essayer de relier virtuel et relations humaines physiques. À la faveur donc de ces recherches, cet ambitieux récit a vu le jour, reflétant la science-fiction et le polar à la Dickens, dans une ambiance visuelle, comme de l’art contemporain, centrée sur la ville. Curieux, on pénètre difficilement ce livre d’aspect mystérieux, car son début est peu accessible. Le style graphique des relations physiques, en blanc et noir, évoquant l’œuvre d’Ivan Brun, avec une technique comme des trames, alterne avec le style évoquant du Miles Hyman aux couleurs chaudes et apaisantes, comme dans une poche amniotique, symbolisant le réseau décérébrant. L’atmosphère angoissante, imprégnée de moments muets, de reprises en pleine page de textos que s’envoient les personnages en surnombre et de fuites en avant, appuie le propos complexe du sujet et de l’enquête, et déstabilise un peu. On peut faire des comparaisons avec le Do Androids Dream of Electric Sheeps de Philippe K. Dick, ou d’œuvres papier abordant la thématique urbaine (tel Amer Béton, le manga) ou celle des IA (comme Carbone et Silicium). On se croit donc se trouver en terrain connu. Mais l’esthétisme poussé de Square Eyes, avec ses larges cases et son grand format, emmène à la frontière de la narration et du « beau livre », faisant balader le lecteur entre réflexion et contemplation. Comme un flux cette œuvre veut varier. Il nous faudra, comme pour l’héroïne, des Eyes (lunettes carrées) pour « voir » la réalité et comprendre. Une œuvre originale, à la fois envoûtante et déstabilisante.
10Note générale
9Scénario / ambiance
9Illustration
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