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couverture comics Dragman

Dragman

Date de parution : 16 septembre 2020

Éditeur : Denoël
Illustrateur : Steven Appleby
Scénariste : Steven Appleby
Collection : -
Série : Dragman
Catégorie : Chronique sociale
Public : 18
Isbn 9782207139790

Description de Dragman

August Crimp vit comme toute autre famille avec sa femme Mary et leur nouveau-né dans la ville de Londres. Le seul problème c’est que August possède deux identités différentes : il est à la fois un travailleur ordinaire allant au service, et un (ex) super héros qui arrive à voler lorsqu’il se pare de vêtements pour femmes. Bien qu’ayant été chassé il y a quelques années de cette ligue de justiciers en raison de sa transsexualité, il doit à nouveau endosser sa deuxième personnalité. Ceci, afin de secourir de vieux camarades qui ont été arnaqués par les crapules de la société Black Mist qui rachète à un prix dérisoire les âmes des gens. Cependant, pour certains, la perte de leur âme est la porte ouverte à type de débordements, ce qui pourrait bien nuire à notre super héros(ïne).

Critique de Dragman

Dragman est le premier roman graphique de ce dessinateur de presse très apprécié aux Royaumes unis. Il révèle au grand jour en France le talent extraordinaire de cet artiste ainsi que l’univers Trans. C’est la première œuvre de Steven Appleby à être éditée en France et en langue française. Très célèbre en Angleterre où il a fait ses débuts avec la série de strips Rockets Passing Overhead dans le NME en 1984, ses œuvres ont également été publiées dans The Observer, Zeit Magazin, Times, le Sunday Telegraph, et lors de la publication de nombre de comics, aussi bien en Angleterre, en Europe, qu’aux USA. Il est d’ailleurs toujours possible de suivre son strip Loomus dans The Guardian où il a d’ailleurs publié les premiers épisodes de Dragman en 2002. Sa série Steven’s Appleby’s Normal Life a également rencontré énormément de succès. Nombre de ses titres de comics strip abordent la thématique du secret. Cela n’est guère étonnant, l’artiste ayant commencé dès les années 2000 à assumer sa sexualité, avant de l’assumer entièrement en 2007. Il s’agit de la même période que celle de l’apparition du personnage de Dragman qui apparut d’abord dans ses strips du Guardian, avant de devenir un récit de 3 centaines de pages. En abordant Dragman, les dessins sont avant tout le premier élément qui nous déconcerte. Les propos de la grande auteure britannique Posy Simmonds qui figurent en couverture lèvent le voile : cette œuvre s’inscrit bien dans la tradition des dessins britanniques avec des traits fins, qu’on voit habituellement plus dans les journaux et dans les revues, que dans une BD cartonnée. Notons cependant que depuis quelque temps en France on assiste à des essais d’adaptation de créateurs britanniques comme Andi Watson chez Ça et là, ou Rob Davis aux éditions Warum, et bien d’autres. On ne peut cependant pas dire que ce soit le genre préféré des Français. Dragman est introduit par un texte poétique, et est subdivisé par ces textes au niveau des chapitres, ce qui donne aux pages graphiques une allure plus fantasque et plus adulte. Celle-ci révèle par ailleurs un côté humoristique assumé. Cette immersion représente en réalité le récit d’un des personnages. L’aspect quelque peu thriller qui en nait est remplie d’une prose de toute beauté qui offre encore plus de classe et de matière au roman graphique. Bien que les dessins de Steven Appleby ne soient pas aussi aguichants, on peut en faire fi, vu le récit fortement structuré et enrichi d’un univers personnel extraordinaire, fantasque, profond et empli d’émotions qu’il nous délivre. À l’instar de la série des Lames avec son collègue Rob Davis, tout peut se passer. Ce super héros qui présente d’énormes similitudes avec l’auteur lui-même possède de nombreux points faibles qui lui sont violemment reprochés par certains, mais également de nombreux amis, ainsi qu’une vie de famille, qui bien qu’elle sorte de l’ordinaire n’en demeure pas moins remplie d’amour ainsi que du pouvoir d’avancer indifféremment des évènements. On passe un excellent moment avec lui et les autres « su-pairs » héros, grâce au style débridé et inventif qu’arbore l’ensemble de l’histoire. La fin met clairement en lumière la condition réelle des trans dans le monde. En raison de tout cela, Dragman est une grande œuvre, et un roman graphique qui ne démérite en rien en termes de reconnaissance.
13Note générale
12Scénario / ambiance
11Illustration
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